LES VAGUES DU CŒUR – Poème de Rainer Maria Rilke – Einmal nahm ich zwischen meine Hände

Printemps, Victor Borissov-Moussatov

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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LES VAGUES DU CŒUR 
Einmal nahm ich zwischen meine Hände

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Einmal nahm ich zwischen meine Hände
Une fois, je pris dans mes mains
dein Gesicht. Der Mond fiel darauf ein.
ton visage. La lune alors tomba sur lui.
Unbegreiflichster der Gegenstände
Le plus incompréhensible des objets
unter überfließendem Gewein.
sous ce flot de lumière.

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Wie ein williges, das still besteht,
Comme un homme immobile,
beinah war es wie ein Ding zu halten.
qui se tenait là avec une simple chose.
Und doch war kein Wesen in der kalten
Et pourtant il n’existait pas d’être dans une si glaciale
Nacht, das mir unendlicher entgeht.
nuit qui m’échappât plus infiniment.

*


O da strömen wir zu diesen Stellen,
O, affluent vers ces lieux,
drängen in die kleine Oberfläche
pour se concentrer sur cette si petite surface
alle Wellen unsres Herzens,
toutes les vagues de nos cœurs,
Lust und Schwäche,
Désir et faiblesse,
und wem halten wir sie schließlich hin?
et au final, à qui les donnons-nous ?

*


Ach dem Fremden, der uns mißverstanden,
A cet étranger qui nous a mal compris,
ach dem andern, den wir niemals fanden,
à cet autre que nous n’avons jamais trouvé,
denen Knechten, die uns banden,
aux serviteurs qui nous ont liés,
Frülingswinden, die damit entschwanden,
aux vents de printemps qui ont tout emporté,
und der Stille, der Verliererin.
et au silence, par qui tout se perd.


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