LE CHAR DE LA VIE – POÈME D’ALEXANDRE POUCHKINE (1823) Телега жизни

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

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1823

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE  1823
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Телега жизни
1823

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LE CHAR DE LA VIE
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Хоть тяжело подчас в ней бремя,
Bien que son fardeau soit lourd,
Телега на ходу легка;
La manœuvre reste toujours aisée ;
Ямщик лихой, седое время,
Le fringant cocher, temps au tempes grises,
Везет, не слезет с облучка.
Conduit, sans jamais décoller de son siège.

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С утра садимся мы в телегу;
Le matin, nous sommes assis sur le siège ;
Мы рады голову сломать
Nous sommes heureux de nous y briser le cou
  И, презирая лень и негу,
Méprisant la paresse, dédaignant le bonheur,
Кричим: пошёл, ебёна мать!
Nous crions : « Fonçons ! »

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Но в полдень нет уж той отваги;
Mais à midi, s’altère le courage ;
  Порастрясло нас; нам страшней
Nous avons un peu peur des secousses
И косогоры и овраги;
peur des collines, peur des ravins ;
  Кричим: полегче, дуралей!
Nous crions : « Attention, imbécile ! »

*

Катит по-прежнему телега;
Nous avons toujours autant de soubresauts ;
 Под вечер мы привыкли к ней
Mais le soir, nous y sommes habitués
 И, дремля, едем до ночлега —
Et, assoupis, nous rentrons dans la nuit –
А время гонит лошадей.
Et c’est le temps qui conduit les chevaux.

1823

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POUCHKINE
 1823 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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