GERMAIN NOUVEAU VILAIN (Poème)

 VILAIN GERMAIN NOUVEAU
LITTERATURE FRANCAISE
SYMBOLISME

germain-nouveau-poemes-poesie-artgitato

Germain Nouveau

31 juillet 1851 Pourrières (Var) – 4 avril 1920 Pourrières

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POEMES
VALENTINES ET AUTRES VERS

LA POESIE DE
GERMAIN NOUVEAU
VILAIN

Valentines et autres vers

Texte établi par Ernest Delahaye
Albert Messein, 1922
*
germain-nouveau-vilain-artgitato-jean-auguste-dominique-ingres-comtesse-dhaussonville Jean-Auguste-Dominique Ingres
Louise de Broglie, Comtesse d’Haussonville
1845
The Frick Collection – New York
*

GERMAIN NOUVEAU
VILAIN

J’ai connu, Madame, une Dame,
Moi vilain petit paysan,
Aussi grande de cœur et d’âme
Que… la plus grande et… fine lame
Et… pleine d’esprit… jugez-en.

Un soir, mon âme était complète,
Comme dit, après avoir bu,
Le jeune homme qui fait la fête ;
De vrai, je n’avais plus ma tête,
J’étais totalement fourbu.

J’avais l’esprit un peu morose ;
Je ne sais ce qui traversa
Ma cervelle, pour quelle cause…
« Comment, perdîtes vous… ta rose ?
Oui, Madame, contez-nous ça »

Ah ! que notre bêtise est grande !
Doux Jésus ! Amour de Sion !
Ma langue à vous se recommande…
Oui… car… pourquoi cette demande,
Ou plutôt… cette question ?…

Comment perdîtes-vous… Ta rose ?
Et j’attendais, me tenant coi.
Alors, tout doucement, sans pose,
Comme on dit, hélas ! quelque chose
En songeant à n’importe quoi.

« Bien simplement. » répondit-elle.
N’est-ce pas céleste et charmant ?
Cette réponse est immortelle.
Je voudrais d’un flot de dentelle
Encadrer ce : Bien simplement !

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VILAIN
Germain Nouveau