LE DESIR DE GLOIRE (1825) ALEXANDRE POUCHKINE POEME – ЖЕЛАНИЕ СЛАВЫ

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

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1825
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE  1825
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


ЖЕЛАНИЕ СЛАВЫ
1825

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LE DESIR DE GLOIRE
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Когда, любовию и негой упоенный,
Quand, enivré d’amour et de bonheur,
Безмолвно пред тобой коленопреклоненный,
À genoux devant toi, silencieux,
Я на тебя глядел и думал: ты моя, —
Je te regardais et pensais : tu es mienne –
Ты знаешь, милая, желал ли славы я;
Tu sais, mon aimée, comme à la gloire j’étais indifférent ;
Ты знаешь: удален от ветреного света,
Tu sais : loin des artifices je me trouvais,
Скучая суетным прозванием поэта,
La vanité habitait le nom même de poète,
Устав от долгих бурь, я вовсе не внимал
Fatigué de trop de tempêtes, je n’écoutais
 Жужжанью дальному упреков и похвал.
Ni les reproches ni les louanges.

 

 Могли ль меня молвы тревожить приговоры,
Devais-je m’alarmer de ces inquiétantes rumeurs
Когда, склонив ко мне томительные взоры
Quand, sur moi se posèrent tes yeux fatigués
 И руку на главу мне тихо наложив,
Et quand délicatement glissant ta main sur ma tête,
Шептала ты: скажи, ты любишь, ты счастлив?
Tu chuchotas : dis-moi que tu m’aimes, es-tu heureux ?
Другую, как меня, скажи, любить не будешь?
D’autres, comme moi, dis-moi, as-tu aimé ?
Ты никогда, мой друг, меня не позабудешь?
Toi, mon ami, m’oublieras-tu ?
А я стесненное молчание хранил,
Et j’ai gardé le silence, gêné,
Я наслаждением весь полон был, я мнил,
j’appréciais cette plénitude, je me figurais
Что нет грядущего, что грозный день разлуки
Qu’il n’y avait pas d’avenir, que ce jour de la terrible séparation
Не придет никогда… И что же? Слезы, муки,
Ne viendrait jamais … Eh quoi ? Les larmes, la douleur,
Измены, клевета, всё на главу мою
La trahison, la calomnie, que tout sur ma tête
  Обрушилося вдруг… Что я, где я? Стою,
S’abatte d’un coup … Qui suis-je ? où suis-je ? Debout,
Как путник, молнией постигнутый в пустыне,
Je voyage à travers la foudre dans le désert ,
И все передо мной затмилося! И ныне
Et devant moi tout s’éclipse ! et maintenant
Я новым для меня желанием томим:
Je suis à nouveau tourmenté par un désir :
Желаю славы я, чтоб именем моим
Je veux la gloire, que mon nom
Твой слух был поражен всечасно, чтоб ты мною
A ton oreille te caresse, je veux
Окружена была, чтоб громкою молвою
T’inonder, que cette forte rumeur
 Все, все вокруг тебя звучало обо мне,
Tout autour de toi t’assaille,
Чтоб, гласу верному внимая в тишине,
Alors tu écouteras ma voix fidèle
Ты помнила мои последние моленья
Qui te rappelleras mon dernier vœu
   В саду, во тьме ночной, в минуту разлученья.
Dans le jardin, dans l’obscurité de la nuit, au moment de notre séparation.

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POUCHKINE
 1825  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

 LE DESIR DE GLOIRE
1825
Пушкин