Archives de catégorie : Traduction

WILLIAM BLAKE : CHANSON D’UN VIEUX BERGER – SONG BY AN OLD SHEPHERD

LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry

WILLIAM BLAKE
1757-1827
Poems written in a copy of poetical sketches
Poèmes écrits dans un exemplaire des poetical sketches


SONG BY AN OLD SHEPHERD
CHANSON D’UN VIEUX BERGER

Song by an old shepherd William Blake par Thomas Phillips Traduction Artgitato française Chanson d'un vieux berger

When silver snow decks Sylvio’s clothes,
Lorsque la neige  orne d’argent les vêtements de Sylvio,
And jewel hangs at shepherd’s nose,
Et qu’un bijou glacé pend au nez de berger,
We can abide life’s pelting storm,
Nous pourrons supporter les tempêtes fracassantes de la vie,
That makes our limbs quake, if our hearts be warm.
qui font claquer nos membres , si notre cœur, lui,  reste au chaud.

 *

Whilst Virtue is our walking-staff,
Tant que la vertu sera notre bâton de marche,
And Truth a lantern to our path,
Et la Vérité une lanterne sur notre chemin,
We can abide life’s pelting storm,
Nous pourrons supporter les tempêtes fracassantes de la vie,
That makes our limbs quake, if our hearts be warm.
qui font claquer nos membres , si notre cœur, lui,  reste au chaud.

 *

Blow, boisterous wind, stern winter frown,
Vent tapageur, les sourcils de l’hiver se fronce sévèrement,
Innocence is a winter’s gown.
L’Innocence se drape dans sa robe d’hiver.
So clad, we’ll abide life’s pelting storm,
Ainsi vêtus, nous pourrons lutter contre les tempête de la vie,
That makes our limbs quake, if our hearts be warm.
qui font claquer nos membres , si notre cœur, lui,  reste au chaud.

 *****

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

A DREAM William Blake Traduction Française Un Rêve

LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
A DREAM WILLIAM BLAKE

WILLIAM BLAKE
1757-1827
A DREAM
UN RÊVE



A Dream William Blake par Thomas Phillips Traduction Artgitato française Un Rêve William Blake

Once a dream did weave a shade
Une fois un rêve tissa une ombre
  O’er my angel-guarded bed,
 Sur mon lit cerné par les anges,
That an Emmet lost its way
Qu’une fourmi avait perdu son chemin
Where on grass methought I lay.
Sur l’herbe, où je me reposais.

Troubled, wildered, and forlorn,
Troublée, effrayée et désespérée,
Dark, benighted, travel-worn,
Sombre, aveugle, fatiguée par le voyage,
 Over many a tangle spray,
Dans un enchevêtrement de brindilles,
All heart-broke, I heard her say:
Le cœur brisé, je l’ai entendue dire:

 « Oh my children! do they cry,
«Oh mes enfants! -ils pleurent,
Do they hear their father sigh?
 Entendent-ils leur père soupirer?
 Now they look abroad to see,
Maintenant, ils sortent et partent à ma recherche,
 Now return and weep for me. »
Maintenant, il reviennent et me pleurent ».

Pitying, I dropped a tear:
Pris de pitié, je versais une larme:
But I saw a glow-worm near,
Mais j’ai vu un ver luisant à côté,
 Who replied, ‘What wailing Wight
Qui a répondu : « Quelles sont ces lamentations 
 Calls the watchman of the night?
  qui appellent la sentinelle de la nuit?

« I am set to light the ground,
«Je suis ici pour éclairer la terre,
 While the beetle goes his round:
Quand l’escargot fait va sa ronde:
 Follow now the beetle’s hum;
Suis maintenant le bourdonnement de l’insecte;
 Little wanderer, hie thee home! »
Petit vagabond, et rentre dans ta maison ! »

************************
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
**************************

SPRING (1789) William Blake – Traduction Française – Printemps

LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry

WILLIAM BLAKE
1757-1827
SONGS OF INNOCENCE
1789

William Blake par Thomas Phillips Traduction Artgitato française Spring William Blake

SPRING
Printemps

Sound the flute!
Son de la flûte!
 Now it’s mute.
  Maintenant, devenue muette.
Birds delight
Les oiseaux enchantent
Day and night;
Jour et nuit
 Nightingale
Rossignol
In the dale,
Dans le vallon
Lark in sky,
Vole dans le ciel
Merrily,
Joyeusement,
Merrily, merrily, to welcome in the year.
Joyeusement, joyeusement pour cette nouvelle année.

Spring William Blake 1

Little boy,
Petit garçon
Full of joy;
Rempli de joie
Little girl,
Petite fille
Sweet and small;
Douce et gentille
Cock does crow,
Le coq fait la corneille,
So do you;
Et toi aussi :
Merry voice,
Voix joyeuse,
Infant noise,
Bruit d’enfant
Merrily, merrily, to welcome in the year.
Joyeusement, joyeusement pour cette nouvelle année.

Spring William Blake 2

Little lamb,
Petit agneau
 Here I am;
Je suis là ;
Come and lick
Viens et lèche
My white neck;
Mon cou blanc ;
Let me pull
Laisse-moi enlever
Your soft wool;
Ta douce laine ;
Let me kiss
Laisse-moi embrasser
Your soft face;
Ton doux visage ;
Merrily, merrily, we welcome in the year.
Joyeusement, joyeusement, nous saluons cette nouvelle année.

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

William Blake : On another’s sorrow Traduction Française

LITTERATURE ANGLAISE

WILLIAM BLAKE

ON ANOTHER’S SORROW

SUR LA DOULEUR DE L’AUTRE

William Blake par Thomas Phillips Traduction Artgitato française on another's sorrow

Can I see another’s woe,
Puis-je voir le malheur d’un autre,
And not be in sorrow too?
Et ne pas être aussi dans la douleur?
Can I see another’s grief,
Puis-je voir le chagrin d’un autre,
And not seek for kind relief?
Et ne pas chercher à le soulager ?

Can I see a falling tear,
Puis-je voir une larme tomber,
And not feel my sorrow’s share?
Et ne pas ressentir de la tristesse ?
Can a father see his child
Un père peut-il voir son enfant
Weep, nor be with sorrow filled?
Pleurer, sans être rempli de chagrin?

Can a mother sit and hear
Une mère peut-elle rester impassible en entendant
 An infant groan, an infant fear?
Un gémissement d’enfant, la peur du nourrisson?
No, no! never can it be!
Non, non ! Cela est impossible!
Never, never can it be!
Jamais, jamais ne le sera !

And can He who smiles on all
Et peut-il, Lui qui sourit à tous
Hear the wren with sorrows small,
Écouter les petites douleurs du roitelet,
Hear the small bird’s grief and care,
Entendre la douleur et les peines du petit oiseau,
Hear the woes that infants bear –
Écouter les malheurs que les oisillons endurent

And not sit beside the nest,
Et ne pas s’asseoir à côté du nid,
Pouring pity in their breast,
Verser sa pitié dans leur sein,
And not sit the cradle near,
Et pas s’asseoir près du berceau,
Weeping tear on infant’s tear?
Pleurant sur les pleurs du nourrisson?

And not sit both night and day,
Et ne pas rester jour et nuit,
Wiping all our tears away?
Essuyant toutes nos larmes?
O no! never can it be!
O non! Cela est impossible !
Never, never can it be!
Jamais, jamais ne le sera !

He doth give His joy to all:
Il donne sa joie à tous:
 He becomes an infant small,
Il devient un nourrisson,
He becomes a man of woe,
Il devient un homme de douleur,
He doth feel the sorrow too.
Il ressent ainsi la douleur.

Think not thou canst sigh a sigh,
Penses-tu pas pouvoir soupirer un soupir,
And thy Maker is not by:
Et que ton Créateur ne soit pas là :
Think not thou canst weep a tear,
Penses-tu pouvoir pleurer une larme,
And thy Maker is not near.
Sans que ton créateur ne soit à tes côtés

O He gives to us His joy,
Ô ! Il nous donne sa joie,
That our grief He may destroy:
Pour que chagrin soit anéanti :
Till our grief is fled and gone
Jusqu’à notre chagrin s’enfuit et disparaisse 
He doth sit by us and moan.
Il s’assoit à nos côtés et avec nous gémit.

TRADUCTION Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
 

Matsuo Bashô Haiku – Traduction française Jacky Lavauzelle

LITTERATURE JAPONAISE
日本文学

PERIODE EDO
江戸時代 (de 1603 à 1868)
Basho Haïku

俳句 HAÏKU de Matsuo Bashô

Basho par Buson Traduction Française Haiku période Edo Artgitato

 Matsuo Bashô
松尾 芭蕉
1644 – 1694

  松尾芭蕉(1644-1694年)是日本著名的俳人
Eminent poète Haïku

*****

朝顔や
これもまた我が
友ならず
Belle ipomée
Tu ne sera pas
Mon amie

[アサガオ ou 朝顔  Ipomoea nil — 友 Tomo L’ami]

*****


鐘消えて
花の香はつく
夕かな
Cloche oubliée
Bâtons d’encens
Belle soirée

***

冬枯や
世は一色に
風の音
L’hiver
Une couleur
Dans le bruit du vent

Nara Japon Basho haiku Artgitato traduction française

*****

さまざまの
事おもひ出す
櫻かな
Différentes
Choses en moi
Les cerisiers en fleurs

*****

古池や
蛙飛びこむ
水の音
Etang croupi
Saute la grenouille
Bruit de l’eau

Grenouille Basho Haiku Artgitato

*****

此の道や
行く人なしに
秋のくれ
Sur la route
Personne
Les soirs d’automne

*****

元日や
思へば淋し
秋の暮
Jour de l’an, Ah !
Où sont les soirées solitaires
de l’automne.

[元旦 Jour de l’An ‘Gantan’ –  秋 L’automne ‘Aki’]

*****

五月雨に
鶴の足
みじかなれり
Pluie de ce début d’été
Les pattes des grues
Rétrécissent

*****

旅に病んで
夢は枯野を
 かけめぐる
Malade en voyage
Les rêves
Prennent les bagages

*****

何の木の
花とはしらず
匂い哉
Quel est cet arbre ?
 Quelles sont ces fleurs ?
Sentez !

*****

父母の
 しきりに恋し
雉子の声
Parents
Dans mon cœur éternellement
Voix du faisan

*****

この秋は
何で年よる
雲に鳥
Arrive cet automne
Passe une année
Passent les nuages

*****

秋深き
隣は何を
 する人ぞ
Au cœur de l’automne

Que fait
Mon prochain

*****

白つゆに
淋しき味を
忘れるるな
La rosée blanche
Ce goût
Ne l’oublie-pas !

****

瓶おるる
夜の氷の
 ねざめかな
Bouteille cassée
En cette nuit glaciale
Tu m’as sauvé

******

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

La Poésie de Gustavo Adolfo BECQUER – Poemas Rimas-Rimes Traduction française de poèmes

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

LITTERATURE ESPAGNOLE
POEMAS – POEMES
RIMAS – RIMES

Gustavo Adolfo Bécquer
1836 – 1870

poemas poèmes de Gustavo Adolfo Bécquer par Valeriano en 1862 Traduction Française Artgitato

Gustavo Adolfo becquer
*******

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

**************

Amor eterno
Amour éternel

 

Podrá nublarse el sol eternamente;
Il peut obscurcir le soleil pour toujours;
Podrá secarse en un instante el mar;
Il peut sécher immédiatement la mer entièrement;
Podrá romperse el eje de la tierra
Il peut briser l’axe de la terre
Como un débil cristal.
Comme un cristal fragile.
¡todo sucederá! Podrá la muerte
Tout cela peut arriver ! Il peut me donner la mort
Cubrirme con su fúnebre crespón;
Couvrez-moi alors d’une crêpe funèbre ;
Pero jamás en mí podrá apagarse
Mais il ne pourra jamais arrêter
La llama de tu amor.
La flamme de ton amour.


*****
RIMAS
El libro de los gorriones

Groupe de soixante-dix poèmes
Publication en 1871

*****

RIMA I
Yo sé un himno gigante y extraño
LA NUIT DE L’ÂME

Yo sé un himno gigante y extraño
Je connais un hymne grandiose et étrange
Que anuncia en la noche del alma una aurora,
qui annonce l’aurore dans la nuit de l’âme,

María Blanchard, Femme à l’éventail, 1916, Musée National centre d’art Reina Sofía, Madrid

RIMA VII 

Del salón en el ángulo oscuro,
Le salon dans l’angle sombre,
de su dueña tal vez olvidada,
de son propriétaire certainement oublié,
silenciosa y cubierta de polvo
couverte autant par le silence que par la poussière
veíase el arpa.
regardez la harpe.

¡Cuánta nota dormía en sus cuerdas
Combien de sommeil dans ses cordes
como el pájaro duerme en las ramas,
comme l’oiseau qui dort dans les branches,
esperando la mano de nieve
dans l’attente d’une main de neige
que sabe arrancarlas!
qui saurait l’arracher!

¡Ay!  ?pensé?; ¡cuántas veces el genio
Ah! ? je pensais?; Combien de fois le génie
así duerme en el fondo del alma,
s’endort dans les profondeurs de l’âme,
y una voz, como Lázaro, espera
et attend une voix, qui, comme avec Lazare,
que le diga: «¡Levántate y anda!».
lui dise : «Lève-toi et marche!« .

******

RIMA LX 

Mi vida es un erial,
Ma vie est un désert,
flor que toco se deshoja;
la fleur que je prends s’effeuille ;
que en mi camino fatal 
car sur ma route fatale
alguien va sembrando el mal
quelqu’un sème le mal
para que yo lo recoja.
afin que je le cueille.

******

RIMA LVI

Hoy como ayer, mañana como hoy,
Aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui,
¡y siempre igual!
C’est toujours la même chose !
Un cielo gris, un horizonte eterno
Un ciel gris, un horizon éternel
y andar… andar.

et marche marche.

Moviéndose a compás, como una estúpida
Se déplaçant dans le rythme, comme une stupide
máquina, el corazón.
machine, le cœur.
La torpe inteligencia del cerebro,
L’intelligence du cerveau,
dormida en un rincón.
endormi dans un coin ..

El alma, que ambiciona un paraíso,
L’âme, qui envisage un paradis,
buscándole sin fe,
et part à sa recherche sans la foi,
fatiga sin objeto, ola que rueda
fatigue sans but, vague qui roule
ignorando por qué.
ne sachant pas pourquoi.

Voz que, incesante, con el mismo tono,
Voix, implacable, avec le même ton,
canta el mismo cantar,
chante la même chanson,
gota de agua monótona que cae
goutte d’eau tombant monotone
y cae, sin cesar.
et qui tombe sans cesse

Así van deslizándose los días,
Ainsi, les jours vont, glissant,
unos de otros en pos;
les uns après les autres ;
hoy lo mismo que ayer…; y todos ellos,
aujourd’hui comme hier ; et chacun d’entre eux,
sin gozo ni dolor.  
sans joie ni douleur.

¡Ay, a veces me acuerdo suspirando
Ô, parfois je soupire
del antiguo sufrir!
de vieilles souffrances !
Amargo es el dolor, ¡pero siquiera
Amère est la douleur, mais au moins
padecer es vivir!
souffrir c’est vivre !

******

RIMA III

Sacudimiento extraño
Domination étrange
que agita las ideas,
qui agite les idées
como huracán que empuja
comme un ouragan qui pousse
las olas en tropel.
les vagues en masse

Murmullo que en el alma
Murmure dans l’âme
se eleva y va creciendo
qui s’élève et va crescendo
como volcán que sordo
comme un volcan qui sourdement
anuncia que va a arder.
annonce que ça va chauffer

Deformes siluetas
Silhouettes difformes
de seres imposibles;
d’êtres impossibles ;
paisajes que
paysages qui
aparecen
apparaissent
como al través de un tul.
comme à travers un drap de tulle.

Colores que fundiéndose
Couleurs qui fusionnent
remedan en el aire
imitant dans l’air
los átomos del iris
les atomes de l’iris
que nadan en la luz.
qui flottent dans la lumière.

Ideas sin palabras,
Idées dépourvues de paroles,
palabras sin sentido;
paroles dépourvues de sens ;
cadencias que no tienen
avec des cadences qui n’ont
ni ritmo ni compás.
ni rythmes ni boussoles.

*****

RIMA LXXXIII

Solitario, triste y mudo
Solitaire, triste et silencieux
hállase aquel cementerio;
Il a été constaté que dans le cimetière
sus habitantes no lloran…
ses habitants ne pleurent pas
¡Qué felices son los muertos!
Comme vous semblez heureux, les morts !

******

RIMA LV

Entre el discorde estruendo de la orgía
Parmi les bruits cacophoniques de l’orgie
acarició mi oído,
me caressa l’oreille,
como nota de música lejana,
comme une note de musique lointaine
el eco de un suspiro.
l’écho d’un soupir.

El eco de un suspiro que conozco,
L’écho d’un soupir que je connais
formado de un aliento que he bebido,
formé d’un souffle que je buvais,
perfume de una flor que oculta crece
parfum d’une fleur qui se développe secrètement
en un claustro sombrío.
dans l’ombre d’un cloître.

Mi adorada de un día, cariñosa,
Mon adorée d’un jour, ma chérie,
¿En qué piensas? me dijo.
à quoi penses-tu ? me demanda-t-elle ?
?En nada… ?En nada, ¿y lloras? Es que tengo
à rien… ? à rien ? et tu pleures ? C’est que tu as
alegre la tristeza y triste el vino.
la tristesse joyeuse et le vin triste.

******

RIMA LXIV

Como guarda el avaro su tesoro,
Comme avare garde son trésor,
guardaba mi dolor;
Je gardais ma douleur ;
quería probar que hay algo eterno
Moi qui voulais prouver qu’il y a quelque chose d’éternel
a la que eterno me juró su amor.
sur lequel j’ai juré un amour éternel.

Mas hoy le llamo en vano y oigo, al tiempo
Mais aujourd’hui, je l’appelle en vain, le temps
que le acabó, decir: 
qu’il finisse en disant:
¡Ah, barro miserable, eternamente
Ah, boue misérable, éternellement
no podrás ni aun sufrir!
vous ne savez même pas souffrir!

*****

RIMA VIII

Cuando miro el azul horizonte
Quand je regarde l’horizon bleu
 perderse a lo lejos,
perdu dans le lointain,
al través de una gasa de polvo
à travers une étamine de poussière
dorado e inquieto,
dorée et agitée,
  me parece posible arrancarme
il me semble possible de m’arracher
del mísero suelo
de ce sol misérable
  y flotar con la niebla dorada
et flotter dans cette brume dorée
en átomos leves
en atomes légers
cual ella deshecho.
étendu comme elle.

Cuando miro de noche en el fondo
Quand je regarde la nuit en arrière-plan
oscuro del cielo
le ciel sombre
las estrellas temblar como ardientes
les étoiles tremblent comme d’ardentes
pupilas de fuego,
pupilles de feu,
me parece posible a do brillan
il semble possible, là où elles brillent
subir en un vuelo
d’y monter par un vol
y anegarme en su luz, y con ellas
et me noyer dans  cette lumière, et avec elles
en lumbre encendido
en feu rougeoyant
fundirme en un beso.
me fondre dans un baiser.

En el mar de la duda en que bogo
Dans la mer de doute, je navigue
ni aun sé lo que creo;
Je sais même plus ce que je crois ;
sin embargo estas ansias me dicen
cependant, ces élans fusionnels me disent
que yo llevo algo
que j’ai quelque chose
divino aquí dentro.
de divin en moi.

******

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
ARTGITATO

Monologue de Sigismond CALEDRON 1635 Traduction Française

Pedro Calderón de la Barca
Pedro Calderón de la Barca de Henao y Riaño
(1600-1681)
LA VIE EST UN SONGE
La vida es sueño
1635

SOLILOQUIOS
(De Segismundo)
Monologue de Sigismond

Pedro Calderón de la Barca Artgitato Traduction Française La vie est un songe La vida es sueno 1636

 

Acte 1
1

Apurar, cielos, pretendo,
Ciel, Infortuné je suis,
ya que me tratáis así,
pour que vous me traitiez ainsi,
qué delito cometí
 
quel délit ai-je commis :
contra vosotros naciendo;
Je suis parmi vous ;
aunque si nací, ya entiendo
Je suis né, c’est entendu
  qué delito he cometido;
quel délit ai-je alors commis ;
causa ha tenido
la cause tient à
vuestra justicia y rigor,
votre justice et votre rigueur,
pues el delito mayor
parce que le crime le plus grand
del hombre es haber nacido.
de l’homme c’est d’être né.

Sólo quisiera saber,
Laissez-moi savoir seulement,
para apurar mis desvelos
 afin de répondre à mon questionnement
(dejando a una parte, cielos,
(oublions un instant, Ciel,
el delito de nacer),
le délit de naître)
¿qué más os pude ofender
Quelle est cette offense
para castigarme más?
pour que tu me punisses tant ?
 
¿No nacieron los demás?
Les autres ne naissent-ils pas ?
Pues si los demás nacieron
Car si d’autres sont nés
¿qué privilegios tuvieron
quelles privilèges ont-ils
 
que yo no gocé jamás?
Et que je n’ai pas ?

******

Nace el ave, y con las galas
L’oiseau dès qu’il né, découvre
que le dan belleza suma,
sa grande beauté,
apenas es flor de pluma
Il est juste une légère plume
o ramillete con alas,
ou un bouquet ailé,
 cuando las etéreas salas
à travers les salles éthérées
 
corta con velocidad,
qu’il parcourt en un éclair
negándose a la piedad
délaissant négligemment
 
del nido que deja en calma;
le nid abandonné;
 
y teniendo yo más alma
 pourquoi moi, moi qui ai plus d’âme que ce vertébré
¿tengo menos libertad?
Aurai-je moins de liberté?

*****

Nace el bruto, y con la piel
Quand né le fauve, sa peau
que dibujan manchas bellas,
dessine de belles taches,
apenas signo es de estrellas
   qui, à peine, laisse deviner ses étoiles
-gracias al docto pincel-,
grâce à de doctes pinceaux,
 cuando atrevido y cruel,
  quand audacieux et cruel,
la humana necesidad
le  besoin humain, lui
le enseña a tener crueldad,
vous apprend à être cruel,
monstruo de su laberinto:
 monstre du labyrinthe :
¿y yo, con mejor instinto,
 Pourquoi moi, qui possède un meilleur instinct,
tengo menos libertad?
  devrai-je avoir moins de liberté?


Nace el pez, que no respira,
Quand né le poisson, il ne respire pas,
aborto de ovas y lamas,
   fruit d’œufs et de vase,
y apenas bajel de escamas
juste un navire d’écailles
sobre las ondas se mira,
sur les ondes il s’admire,
cuando a todas partes gira,
lorsque, en tournoyant de tous côtés,
midiendo la inmensidad
il mesure l’immensité
de tanta capacidad
de tant de profondeurs
como le da el centro frío;
et finit par trouver le centre glacial ;
¿y yo, con más albedrío,
 Pourquoi moi, moi qui possède plus de volonté,
tengo menos libertad?
aurai-je moins de liberté ?


Nace el arroyo, culebra
 Dans le ruisseau, voici la couleuvre née
que entre flores se desata,
 qui s’étale parmi les fleurs,
y apenas, sierpe de plata,
et juste, serpent d’argent,
entre las flores se quiebra,
Entre les fleurs elle se brise,
cuando músico celebra
quand, en musicien, elle célèbre
de las flores la piedad
les fleurs en divinité
que le da la majestad
qui lui donne la majesté
del campo abierto a su huida;
  dans le champ libre quant elle y glisse ;
¿y teniendo yo más vida,
 Pourquoi moi, moi qui ai plus de vie,
tengo menos libertad?
 aurai-je moins de liberté ?
 
En llegando a esta pasión,
Pour parvenir à ce chemin de croix,
un volcán, un Etna hecho,
 à un volcan, à un Etna, je ressemble,
quisiera arrancar del pecho
 m’arrachant de la poitrine
pedazos del corazón:
des morceaux de mon cœur :
¿qué ley, justicia o razón
Quelle est cette loi, cette justice ou cette raison
negar a los hombres sabe
qui nient  aux hommes
privilegio tan suave,
un si doux privilège
exención tan principal,
une telle faveur,
que Dios le ha dado a un cristal,
que Dieu donne à un cristal,
a un pez, a un bruto y a un ave?
à un poisson, à un fauve, à un oiseau?

 

 TRADUCTION Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

 

Antonio MACHADO : trad. Française de CAMINOS – Les Chemins

ANTONIO MACHADO
CAMINOS
Les Chemins

De la ciudad moruna
De la ville mauresque
tras las murallas viejas,
par-delà les vieux murs,
yo contemplo la tarde silenciosa,
je contemple l’après-midi tranquille,
 a solas con mi sombra y con mi pena.
seul avec mon ombre et ma peine.

*

 El río va corriendo,
La rivière court
entre sombrías huertas
au milieu des jardins ombragés
 y grises olivares,
et des oliviers gris,
por los alegres campos de Baeza
par les champs  joyeux de Baeza.

 Tienen las vides pámpanos dorados
Ils abritent les vignes aux branches dorées
 sobre las rojas cepas.
sur des cépages rouges.
Guadalquivir, como un alfanje roto
Guadalquivir, comme un coutelas cassé
 y disperso, reluce y espejea.
et dispersé, brille et miroite.

 Lejos, los montes duermen
Ailleurs, les montagnes ensommeillées
envueltos en la niebla,
enveloppées dans la brume,
niebla de otoño, maternal; descansan
dans le brouillard de l’automne, maternelle; reste
las rudas moles de su ser de piedra
les masses grossières des êtres de pierre
en esta tibia tarde de noviembre,
en ce chaleureux après-midi de novembre,
tarde piadosa, cárdena y violeta.
après-midi contemplatif, livide et violet.

*

 El viento ha sacudido
Le vent a secoué
los mustios olmos de la carretera,
la route des ormes,
levantando en rosados torbellinos
dans des remous tourbillonnent
 el polvo de la tierra.
la poussière de la terre.
 La luna está subiendo
la lune se lève
amoratada, jadeante y llena.
meurtrie, haletante et pleine.

*

 Los caminitos blancos
Les chemins blancs
se cruzan y se alejan,
se coupent et se fuient,
buscando los dispersos caseríos
à la recherche des hameaux disséminés
del valle y de la sierra.
de la vallée et de la montagne.
Caminos de los campos…
Les chemins du camp ….
¡Ay, ya, no puedo caminar con ella!
Oh non ! Je ne peux marcher avec elle !

Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato

SOLEIL ROUGE Sonnet de FERNANDO DE HERRERA -Rojo sol que con hacha luminosa (Soneto)

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.FERNANDO DE HERRERA
( 1534 – 1597 )

Fernando de Herrera Artgitato Soleil Rouge Rojo Sol que scarlet-sunset-1830 Turner

Traduction Jacky Lavauzelle

*******************

SOL QUE CON HACHA LUMINOSA
Soleil Rouge

Sonnet – Soneto

*********************

Rojo sol que con hacha luminosa
Soleil rouge qui, d’une torche flamboyante,
coloras el purpúreo alto cielo,
colore d’une couleur pourpre les hauteurs des cimes,
¿hallaste tal belleza en todo el suelo,
Peux-tu trouver une telle beauté sur ce sol,
que iguale a mi serena luz dichosa?
qui équivaut à ma lumière sereine et heureuse ?

*

Aura suave, blanda y amorosa
Douce, tendre et amoureuse brise
que nos halagas con tu fresco vuelo;
qui nous caresse dans la fraîcheur de son vol ;
cuando el oro descubre y rico velo
quand l’or se découvre sur la riche voile
mi luz, ¿trenza tocaste más hermosa?
de ma lumière, plus belle tresse peux-tu toucher ?

*

Luna, honor de la noche, ilustre coro
Lune, honneur de la nuit, illustre chœur
de los errantes astros y fijados
des errantes et des fixes étoiles
¿consideraste tales dos estrellas?
Peux-tu imaginer deux étoiles semblables ?

*

Sol puro, aura, luna, llamas de oro
Soleil pur, brise, lune, flammes d’or
¿oísteis mis dolores nunca usados?
As-tu entendu cette douleur démentielle ?
 ¿visteis luz más ingrata a mis
querellas?
As-tu vu lumière plus ingrate à mes soupirs ?

Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

Ján Kollár – Slávy dcera – La Fille de Slava

LITTERATURE TCHEQUE
Ján Kollár
(1793-1852)
Idéologue slovaque du Panslavisme

Český-Francouzský
Texte Tchèque et Traduction Française

Traduction Jacky Lavauzelle – artgitato

Un chevalier à la croisée des chemins par Victor Vasnetsov Jan Kollar Artgitato La Fille de Slava

Slávy dcera

LA FILLE DE SLAVA

Traduction Jacky Lavauzelle

(extraits du Prologue)

Předzpěv
Prologue

Ai, zde leží zem ta, před okem mým selzy ronícím,
Ah, ici se trouve cette terre et je ne peux maîtriser mes larmes,
někdy kolébka, nyní národu mého rakev.
Autrefois berceau, devenue maintenant tombeau de ma race.
Stůj noho! posvátná místa jsou, kamkoli kráčíš,
Attention ! Les lieux sont sacrés partout où vous marchez,
k obloze, Tatry synu, vznes se, vyvýše pohled.
Vers le ciel, fils de Tatras,  ton regard devient exalté.
Neb raději k velikému přichyl tomu tam se dubisku,
Là-bas tes yeux s’inclineront devant l’ancien et puissant chêne,
jenž vzdoruje zhoubným až dosaváde časům.
qui résiste à la perfidie du temps jusqu’ici destructeur.
 Však času ten horší je člověk, jenž berlu železnou
Pire que le temps, se tient l’homme au sceptre de fer,
 v těchto krajích na tvou, Slávie, šíji chopil.
Slavia, tords-lui le cou, sur ces terres qui nous ont été volées ;
 Horší nežli divé války, hromu, ohně divější,
Pire que la férocité et la sauvagerie des guerres, plus que la foudre, plus que le feu
 zaslepenec na své když zlobu plémě kydá.
celui qui, aveuglé de colère, recouvre sa descendance de honte.
 O, věkové dávní, jako noc vůkol mne ležící,
Ô! Jadis ! Combien de nuits se sont couchées avec moi,
 o, krajino, všeliké slávy i hanby obraz!
Ô ! mon pays ! chaque paysage reflète et la gloire et la honte !
Od Labe zrádného k rovinám až Visly nevěrné,
De l’Elbe perfide à la plaine de l’infidèle Vistule,
od Dunaje k heltným Baltu celého pěnám:
du Danube jusqu’à l’écume de la Baltique :
krásnohlasý zmužilých Slavianů kde se někdy ozýval,
Où la mélodie de la langue des vaillants et robustes Slaves de jadis retentit.
  ai, oněmělť už, byv k ourazu zášti, jazyk.
Maintenant, hélas! elle se trouve désormais réduite au silence.
A kdo se loupeže té, volající vzhůru, dopustil?
Qui est l’auteur de ce vol, qui demande une vengeance du ciel ?
  kdo zhanobil v jednom národu lidstvo celé?
Qui en humiliant une nation a déshonorée  l’humanité toute entière ?
Zardi se, závistná Teutonie, sousedo Slávy,
Rougis de honte, glouton Teuton, voisin de Sláva,
 tvé vin těchto počet zpáchali někdy ruky.
Nombre de ces méfaits ont été l’œuvre de tes mains
 Neb kreve nikde tolik nevylil černidlaže žádný
Jamais aucun autre ennemi n’a fait verser tant de sang
 nepřítel, co vylil k záhubě Slávy Němec.
que l’Allemand pour faire disparaître le Slave.
Sám svobody kdo hoden, svobodu zná vážiti každou,
N’est digne d’être libre que celui qui respecte la liberté de tous,
ten, kdo do pout jímá otroky, sám je otrok.
Celui qui menotte son esclave, reste lui aussi un esclave.
 Nechť ruky, nechťby jazyk v okovy své vázal otrocké,
Qu’ainsi il se lie et les mains et la langue,
jedno to, neb nezná šetřiti práva jiných.
 Peu m’importe, car il ne respecte aucune autre loi que la sienne.
Ten, kdo trůny bořil, lidskou krev darmo vyléval,
 Celui qui a renversé les trônes, et versé en vain le sang humain,
po světě nešťastnou války pochodmi nosil:
 et porté les malheurs de la guerre tout autour de lui :
  Ten porobu slušnou, buď Goth, buď Skýta, zasloužil,
ne kdo divé chválil příkladem ordě pokoj.

Kde ste se octli, milé zde bydlivších národy Slávů,
Qu’êtes-vous advenus ,ici,  chers peuples Slaves
národy, jenž Pomoří tam, tuto Sálu pili?
peuples, se désaltérant là sur les rivages de la Poméranie, là sur les rives de la Saale ?

*********************
traduction Artgitato
**********************