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S’IL N’Y AVAIT RIEN DE NOUVEAU – William Shakespeare Sonnets – 59 – LIX – If there be nothing new

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNETS
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

William Shakespeare Sonnets

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*

William Shakespeare Sonnets


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

William Shakespeare Sonnets  Traduction Jacky Lavauzelle des Sonnets de Shakespeare


**

SONNET 59

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
***
If there be nothing new
****

S’IL N’Y AVAIT RIEN DE NOUVEAU
***

1598 

**

*

If there be nothing new, but that which is
S’il n’y avait rien de nouveau, mais si ce qui est
Hath been before, how are our brains beguil’d,
Avait déjà existé, comme nos cerveaux se seraient égarés,
Which labouring for invention bear amiss
Combien de labeurs pour enfanter
The second burthen of a former child!
Un enfant qui est déjà né !

*

O! that record could with a backward look,
O! Si l’enregistrement pouvait faire un retour arrière,
Even of five hundred courses of the sun,
De quelques cinq cents révolutions solaires,
Show me your image in some antique book,
Et me montrer votre image dans un livre antique,
Since mind at first in character was done!
Des tous premiers temps bibliques !

*


*

That I might see what the old world could say
Que je puisse voir que ce monde-là parlait
To this composed wonder of your frame;
De votre personne comme d’une merveille ;
Wh’r we are mended, or wh’r better they,
Et voir si nous avons progressé ou régressé,

*

Or whether revolution be the same.
Ou si les révolutions sont pareilles.
O! sure I am the wits of former days,
O! Je suis si certain que les esprits d’autrefois,
To subjects worse have given admiring praise.
Ont fait l’éloge de personnes de plus mauvais aloi.

 

*


 

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SHAKESPEARE SONNETS
SONNET LIX

LES SONNETS DE SHAKESPEARE SONNETS

William Shakespeare Sonnets

DAVID CONTRE GOLIATH – OS LUSIADAS III-111 LES LUSIADES – Qual o membrudo e bárbaro Gigante,

*
OS LUSIADAS CANTO IIIOs Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-111 LES LUSIADES III-111
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-111




OS LUSIADAS III-111
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 111
Strophe 111

III-111

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-111
LES LUSIADES III-111
OS LUSIADAS CANTO III

******

 os lusiadas canto iii david contre goliath

David contre Goliath

**

« Qual o membrudo e bárbaro Gigante,
« Tout comme le puissant géant barbare,
Do rei Saul, com causa, tão temido,
Du roi Saül craint et redouté,
Vendo o pastor inerme estar diante,
Voyant le berger se tenir devant lui sans arme,
 Só de pedras e esforço apercebido,
Seulement avec des pierres et sa témérité,
Com palavras soberbas o arrogante
Avec des mots blessants, l’arrogant
 
Despreza o fraco moço mal vestido,
Accabla le faible jeune homme vêtu pauvrement,
Que, rodeando a funda, o desengana
Que de sa fronde, celui-ci enseigna alors
Quanto mais pode a Fé que a força humana:
Combien la Foi surpasse l’humaine force ;

**

Os Lusiadas III Saül et David III-111 Luis de Camoes RambrandtSaül et David
Rembrandt van Rijn

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OS LUSIADAS CANTO III

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

********************

OS LUSIADAS III

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO III

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-111 CAMOES LUSIADES III-111
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS III
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

LORCA Sonetos del amor oscuro – LE POETE PARLE AVEC L’AMOUR AU TELEPHONE – LORCA – EL POETA HABLA POR TELÉFONO CON EL AMOR

***
FREDERICO GARCIA LORCA POÈMES

Frederico Garcia Lorca sonetos del amor oscuro sonnet de l'amour obscur

sonetos del amor oscuro

*******

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

Sonetos del amor oscuro
Sonnets de l’amour obscur



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
*****
EL POETA HABLA POR TELÉFONO
CON EL AMOR
Le Poète parle avec l’Amour au téléphone
****

Tu voz regó la duna de mi pecho
Ta voix irrigue la dune de ma poitrine
en la dulce cabina de madera.
Dans la douce cabane en bois.
Por el sur de mis pies fue primavera
Pour le sud de mes pieds, c’était le printemps
y al norte de mi frente flor de helecho.
Et pour le nord de mon front, c’était fleur de fougère.

*

Pino de luz por el espacio estrecho
Un sapin de lumière pour l’espace intime
cantó sin alborada y sementera
Chanta sans l’aube et sans la semence
y mi llanto prendió por vez primera
Et mes cris purent déposer pour la première fois
coronas de esperanza por el techo.
Des couronnes d’espoir pour le toit.

*

Dulce y lejana voz por mí vertida.
Une voix douce et distante versée pour moi.
Dulce y lejana voz por mí gustada.
Une voix douce et distante aimée pour moi.
Lejana y dulce voz amortecida.
Lointaine et douce voix étouffée.

*

*

Lejana como oscura corza herida.
Lointaine comme une obscure biche blessée.
Dulce como un sollozo en la nevada.
Douce comme un sanglot dans la neige.
¡Lejana y dulce en tuétano metida!
Lointaine et douce dans ma vie !

***

Federico García Lorca Sonetos del amor oscuro
Sonnet de l’amour obscur

WALTER SCOTT POÈME- LE PAUVRE PÉCHEUR – ROKEBY CANTO I – 2 – Those towers, which in the shif’tin gleam

LITTÉRATURE ANGLAISE
ROCKEBY

WALTER SCOTT POÈME

*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

ROKEBY
1813

*
CANTO I
*

walter scott poemeII

 

Those towers, which in the shif’tin gleam
Ces tours, sur les mouvants flots scintillants,
Throw murky shadows on the stream,
Jettent d’obscures ombres,
Those towers of Barnard hold a guest,
Ces tours de Barnard qui abritent un invité,
 The emotions of whose troubled breast,
Troublé par les émotions de son cœur,
In wild and strange confusion driven,
Dans une une sauvage et étrange confusion,
Rival the flitting rack of heaven.
Qui rivalisent aux désordres du ciel.
Ere sleep stern Oswald’s senses tied,
Avant que le sommeil ne prenne le fier Oswald,
Oft had he changed his weary side,
Il s’était tourné et se retourné bien des fois,
Composed his limbs, and vainly sought
Repositionné, et avait vainement recherché
By effort strong to banish thought.
Par l’effort à bannir ses obscures pensées.
Sleep came at length, but with a train
Le sommeil fut enfin trouvé, mais à sa traîne demeuraient
Of feelings real and fancies vain,
Des sentiments réels et fantastiques,
Mingling, in wild disorder cast,
Mêlant, dans un sauvage désordre,
The expected future with the past.
Le futur attendu avec le passé.
Conscience, anticipating time,
La conscience, anticipant le futur,
Already rues the unacted crime,
Déjà évoque un crime non réalisé,
And calls her furies forth, to shake
Et appelle les furies, à secouer
The sounding scourge and hissing snake;
Le bruyant fléau et le serpent sifflant ;
While her poor victim’s outward throes
Alors que sur la pauvre victime affiche
Bear witness to his mental woes,
Les témoignages de ses malheurs,
And show what lesson may be read
Et montre la leçon à retenir
Beside a sinner’s restless bed.
A côté du lit agité d’un pécheur.

 

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walter scott poeme**************************

Walter Scott Poème

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WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

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SIR WALTER SCOTT POÈME

walter scott poeme

OS LUSIADAS CANTO III-110 LES LUSIADES – LES DESCENDANTS D’AGAR- Estão de Agar os netos quase rindo

*
OS LUSIADAS CANTO IIIOs Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-110 LES LUSIADES III-110
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-110




OS LUSIADAS III-110
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 110
Strophe 110

III-110

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-110
LES LUSIADES III-110
OS LUSIADAS CANTO III

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 Os Lusiadas Canto III 110 Abraham Agar Les Lusiadas III CamoesAbraham recevant Agar

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« Estão de Agar os netos quase rindo
« Ceux qui descendent d’Agar se moquent
Do poder dos Cristãos fraco e pequeno,
Des faibles et chétives forces des Chrétiens,
As terras como suas repartindo
Et les terres se partagent
Antemão, entre o exército Agareno,
Déjà, parmi ceux des agaréens,
Que com título falso possuindo
Ceux-là même qui usurpèrent vilement
Está o famoso nome Sarraceno.
Le titre fameux de Sarrasins.
Assim também com falsa conta e nua,
Ainsi par un calcul tout aussi erroné,
À nobre terra alheia chamam sua.
Ils croient cette noble terre s’attribuer .

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OS LUSIADAS CANTO III

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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OS LUSIADAS CANTO III

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO III

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-110 CAMOES LUSIADES III-110
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS CANTO III
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

HEINRICH HEINE GEDICHTE -AVEC LE DIABLE – LE LIVRE DES CHANTS XXXV- Ich rief den Teufel und er kam

HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heinrich Heine Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


 

Ich rief den Teufel und er kam,
J’ai appelé le diable et il est venu,
Und ich sah ihn mit Verwund’rung an.
Et je l’ai regardé avec surprise.
Er ist nicht häßlich, und ist nicht lahm,
Il n’est ni laid ni boiteux,
Er ist ein lieber, scharmanter Mann,
C’est un bel homme gracieux,
Ein Mann in seinen besten Jahren,
Un homme dans la force de l’âge,
Verbindlich und höflich und welterfahren.
Poli, attentionné et sage.
Er ist ein gescheuter Diplomat,
C’est un habile diplomate,
Und spricht recht schön über Kirch’ und Staat.
Qui parle aussi bien de l’église que de l’État.
Blaß ist er etwas, doch ist es kein Wunder,
Certes, un peu pâle, mais rien étonnant,
Sanskritt und Hegel studiert er jetzunder.
Il étudie le sanskrit et Hegel actuellement.
Sein Lieblingspoet ist noch immer Fouqué.
Son poète préféré est encore La Motte-Fouqué.
Doch will er nicht mehr mit Kritik sich befassen,
Mais ne souhaitant plus participer aux critiques,
Die hat er jetzt gänzlich überlassen
Qu’il a abandonnées, il les a laissées
Der theuren Großmutter Hekate.
A sa chère grand-mère Hécate.
Er lobte mein juristisches Streben,
Il m’a loué mes poursuites dans les études juridiques,
Hat früher sich auch damit abgegeben.
Auxquelles il s’était intéressé jadis.
Er sagte meine Freundschaft sey
Il me dit combien mon amitié
Ihm nicht zu theuer, und nickte dabei,
Lui était chère, me saluant de la tête,
Und frug: ob wir uns früher nicht
Et me demanda : « ne nous sommes-nous pas rencontrés
Schon einmal gesehn bei’m span’schen Gesandten?
Déjà chez l’ambassadeur d’Espagne ? »
Und als ich recht besah sein Gesicht,
Et quand je regardai minutieusement son visage,
Fand ich in ihm einen alten Bekannten.
Je reconnus une vieille connaissance.


 

*

Heinrich Heine Gedichte Friedrich de La Motte-FouquéFriedrich de La Motte-Fouqué
Friedrich Heinrich Karl de la Motte
1777-1843
Écrivain Romantique Allemand
En uniforme de hussard
vers 1815

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HEINRICH HEINE POEMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
*************

UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

LE POÈTE DEMANDE À SON AMOUR DE LUI ÉCRIRE – Sonnet de l’amour obscur- EL POETA PIDE A SU AMOR QUE LE ESCRIBA

***
FREDERICO GARCIA LORCA POÈMES

Frederico Garcia Lorca sonetos del amor oscuro sonnet de l'amour obscur

sonetos del amor oscuro

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

Sonetos del amor oscuro
Sonnets de l’amour obscur



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
*****
EL POETA PIDE A SU AMOR QUE LE ESCRIBA
Le Poète demande à son amour de lui écrire
****

Amor de mis entrañas, viva muerte,
Amour de mes entrailles, vive mort,
en vano espero tu palabra escrita
J’espère un mot de toi en vain
y pienso, con la flor que se marchita,
Et je pense, avec la fleur qui flétrit,
que si vivo sin mí quiero perderte.
Que si je vis sans moi, je préfère te perdre.

*

El aire es inmortal, la piedra inerte
L’air est immortel, la pierre inerte
ni conoce la sombra ni la evita.
Ni ne connaît l’ombre ni ne l’évite.
Corazón interior no necesita
Le cœur intérieur n’a nul besoin
 la miel helada que la luna vierte.
Du miel gelé que la lune verse.

*

Pero yo te sufrí, rasgué mis venas,
Mais j’ai souffert, j’ai lacéré mes veines,
tigre y paloma, sobre tu cintura
Tigre et colombe sur ta taille
en duelo de mordiscos y azucenas.
Dans un duel de morsures et de lys.

*

*

Llena, pues, de palabras mi locura
Comble de paroles ma folie
o déjame vivir en mi serena noche
Ou laisse-moi vivre ma calme nuit
del alma para siempre oscura.
De l’âme pour toujours obscure.

***

Federico García Lorca Poèmes
Sonetos del amor oscuro
Sonnet de l’amour obscur

LE BÂILLEMENT HEINRICH HEINE POÈMES – LE LIVRE DES CHANTS XXXIV- DIE HEIMKEHR -Und als ich Euch meine Schmerzen geklagt

HEIRICH HEINE POÈMES
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heine Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


 

Und als ich Euch meine Schmerzen geklagt,
Et quand je me plaignais à vous de ma douleur,
Da habt Ihr gegähnt und nichts gesagt;
Vous bâilliez alors sans rien dire ;
Doch als ich sie zierlich in Verse gebracht,
Mais quand délicatement je la plaçais en rimes,
 Da habt Ihr mir große Elogen gemacht.
Vous me couvriez des plus grands éloges sur l’heure.

 


 

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HEINRICH HEINE POEMES
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÈMES

DIE HEIMKEHR HEINE

ILS ÉTAIENT DÉJÀ MORTS – HEINRICH HEINE POÈMES – LE LIVRE DES CHANTS XXXIII- DIE HEIMKEHR – Sie liebten sich beide

HEIRICH HEINE POÈMES
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


 

 

Sie liebten sich beide, doch keiner
Tous les deux s’aimaient, mais aucun
Wollt’ es dem andern gestehn;
A l’autre de n’osait l’avouer ;
Sie sahen sich an so feindlich,
Comme des ennemis, ils se voyaient,
Und wollten vor Liebe vergehn.
Et voulaient mourir d’amour.

*

Sie trennten sich endlich und sah’n sich
Ils se séparèrent enfin, ne se revirent
Nur noch zuweilen im Traum;
Que, parfois, en rêve ;
Sie waren längst gestorben,
Ils étaient déjà morts
Und wußten es selber kaum.
Et ne le savaient qu’à peine.



 

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HEINRICH HEINE POEMES
BUCH DER LIEDER
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÈMES
BUCH DER LIEDER

DIE HEIMKEHR HEINE

Buch der Lieder Heine Lavauzelle

La bataille de Tarifa (1340)- LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS CANTO III-109 LES LUSIADES – Juntos os dous Afonsos finalmente

*Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-109 LES LUSIADES III-109
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-109




OS LUSIADAS III-109
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 109
Strophe 109

III-109

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-109
LES LUSIADES III-109

******

« Juntos os dous Afonsos finalmente
« Ensemble, les deux Alphonse finalement
Nos campos de Tarifa estão defronte
Se retrouvent dans la pleine de Tarifa devant
 Da grande multidão da cega gente,
Une grande multitude d’Infidèles,
Para quem são pequenos campo e monte.
Que n’arrivent pas à contenir champs et montagne.
Não há peito tão alto e tão potente,
Il n’y avait pas un grand cœur, même le plus valeureux,
Que de desconfiança não se afronte,
Qui ne ressente sa confiance l’abandonner,
Enquanto não conheça e claro veja
Tant qu’il ne fût pas sûr et certain
Que co’o braço dos seus Cristo peleja.
Qu’il combattait dans les bras du Christ. 

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-109 CAMOES LUSIADES III-109
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES