Tous les articles par artgitato

SONNET SHAKESPEARE 28 How can I then return in happy plight L’OPPRESSION DU JOUR ET DE LA NUIT

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 28

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
How can I then return in happy plight

L’OPPRESSION
DU JOUR ET DE LA NUIT

 

1598 

**

*

How can I then return in happy plight,
Comment puis-je revenir dans un meilleur état,
That am debarre’d the benefit of rest?
Quand je n’ai plus le bénéfice du repos ?
When day’s oppression is not eas’d by night,
Lorsque l’oppression du jour n’est plus soignée par la nuit,
But day by night and night by day oppress’d,
Mais que le jour est oppressé par la nuit et la nuit par le jour,
*







*

And each, though enemies to either’s reign,
Et les deux, bien qu’ennemis,
Do in consent shake hands to torture me,
Se donnent la main pour me torturer,
The one by toil, the other to complain
L’un par la fatigue, l’autre en d’incessantes plaintes
How far I toil, still farther off from thee.
Car cette fatigue m’éloigne plus loin de toi.
 

*

I tell the day, to please him thou art bright,
Je dis au jour, pour lui plaire, combien tu resplendis,
And dost him grace when clouds do blot the heaven:
Et combien tu lui rends grâce quand les nuages obombrent le ciel:
So flatter I the swart-complexion’d night,
Aussi je flatte la caligineuse nuit,

*






*

When sparkling stars twire not thou gild’st the even.
Combien tu donnes de la nitescence quand les étoiles ne scintillent plus
But day doth daily draw my sorrows longer,
Mais chaque jour m’apporte un peu plus de douleur,
And night doth nightly make grief’s length seem stronger.
Et chaque nuit, ma peine semble plus forte.

*****************

SHAKESPEARE SONNET 28

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-59 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-59 LES LUSIADES III-59
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-59

OS LUSIADAS III-59

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 59
Strophe 59

III-59

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-59
LES LUSIADES III-59

 *****

Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : 1147- Siège de Lisbonne -O Cerco de Lisboa –  précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .
Sonnet 59 : 1147 – Siège de Lisbonne – précisions sur la durée du siège avec les indications lunaires – Le siège a duré presque cinq mois du 1er juillet au 25 octobre 1147.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

******

« Cinco vezes a Lua se escondera,
« Cinq fois la lune s’était cachée,
E outras tantas mostrara cheio o rosto,
Et avait tout autant montrée son plein visage,
Quando a cidade entrada se rendera
Quand l’entrée de la ville rompit
Ao duro cerco, que lhe estava posto.
Devant la dureté du siège.
Foi a batalha tão sanguina e fera,
La bataille fut sanglante et féroce,
Quanto obrigava o firme pressuposto
Comme l’exigeait la terrible entreprise
De vencedores ásperos e ousados,
Des rugueux et audacieux vainqueurs,
E de vencidos já desesperados.
Face aux vaincus terriblement désespérés.

*******

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-59 CAMOES LUSIADES III-59
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

LA POESIE DE PEIRE GODOLIN – Poète occitan du XVIIe siècle

PEIRE GODOLIN
LITTERATURE OCCITANE

*


PEIRE GODOLIN
Pierre Goudouli
Pierre Goudelin

[1580 Toulouse – 1649 Toulouse]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

LA POESIE DE
PEIRE GODOLIN
Poète occitan
du XVIIe siècle

 




Epitaphes – Epitafas
Sonnet – Sonet

Jos aqueste grand roc es rebondula l’òssa
Sous le grand roc, les os reposent
D’Enceladanle fier, la glòria del Gigants
Du fier Encelade, la gloire des Géants




*
A LAS FLORETAS DEL GRAND RAMIER
AUX FLEURETTES DU GRAND RAMIER

Beutats floridas del Ramièr,
Beautés fleuries du Ramier
Ont per un plaser costumièr
Où nous eûmes ce plaisir coutumier




*

A L’ENVEJOS
A L’ENVIEUX

Fug, jauparèl, e fai-te’n rè
Fuis, aboyeur , en arrière !
O trobaràs que, segon l’òrdre
Ou sinon, tu trouveras, suivant l’ordre,

***********

PEIRE GODOLIN

************************




NOTICES HISTORIQUES
SUR
PIERRE GODOLIN

Pierre de Godolin naquit à Toulouse l’an 1579, dans la maison de la rue Pargaminières, contiguë au coin de celle de Notre-Dame-du-Sac ; élevé au collège des Jésuites, il y étudia les belles-lettres, et se fit remarquer par la vivacité de son esprit, par l’élégance des compositions, et la facilité avec laquelle il était parvenu à placer dans sa mémoire la majeure partie des œuvres de Virgile ; i étudia, hélas ! bien à contre cœur, mais enfin, il étudia jusqu’au bout la jurisprudence, prit la licence, et se fit recevoir avocat au parlement. Arrivé là, les épines que Thémis présente à ses favoris, ne purent convenir à une âme passionnée qui aimait à se perdre dans les rêves de son imagination ; il crut avoir assez montré de courage. Les muses vinrent le prendre, et le bon Godolin s’abandonna à leur aimable séduction. Contemporain du Tasse, il ne suivit pas seulement, comme ce célèbre poète, le penchant de son génie, mais comme lui, il chercha une route nouvelle. La langue d’oc était tombée avec le pouvoir des comtes de Toulouse ; le patois de nos provinces, n’étant plus soutenu ni par la majorité de la nation, ni par l’imprimerie, était devenu le partage du peuple, et cette langue si douce, si harmonieuse, véritable fille de celle que les troubadours avaient parlée, semblait être délaissée pour employer la langue générale du pays. Mais Godolin, qui connaissait les trésors de la linguistique qu’elle renfermait, avant de la laisser se perdre, voulut en sauver les débris ; il la préféra donc à la langue française, qui, froide, sèche et sans charmes, sortait à peine de la grossièreté de son premier âge ; car, suspendue encore aux mamelles de l’antiquité, elle n’était guère alors que du grec ou du latin, traduit en français ; il refusa de jeter ses gracieuses créations dans le moule grec ou romain. Il fallait à son génie un nouvel horizon. Sous la plume de notre compatriote, cette langue parut étincelante de nouvelles beautés ; elle se prêta à tous les tons et devint tour à tour grave, moelleuse, fière ou mélancolique ; son génie lui fit surmonter les difficultés qu’entraîne un dialecte peu usité, et les cordes de sa lyre furent assez dociles pour chanter, avec un talent varié, le ciel, les grands, les bergères et ses amis. Toujours élégant, il a employé avec adresse les fictions et les métaphores les pus ingénieuses. Imitateur heureux de Pindare, d’Horace et d’Anacréon, ses odes sont élevées d’un style noble et soutenu ; ses idylles respirent  la molle délicatesse, la grâce et l’abandon ; ses chansons sont enjouées, élégantes et faciles, et a mélopée, sou ses doigts, se transforme, se module et se ploie à toutes les inspirations, à toutes ses fantaisies. Enfin, tantôt enjoué, tantôt badin, mais toujours énergique, il surprend par la noblesse de ses expressions, dans une langue condamnée à ramper parmi le vulgaire.




Œuvres Complètes de Pierre Godolin
Notes historiques et littéraires par J.-M. Cayla et Paul Cléobule
Editeur Delboy à Toulouse en 1843

*******

PEIRE GODOLIN

PEIRE GODOLIN A LAS FLORETAS DEL GRAND RAMIER AUX FLEURETTES DU GRAND RAMIER

PEIRE GODOLIN
LITTERATURE OCCITANE

*


PEIRE GODOLIN
Pierre Goudouli
Pierre Goudelin

[1580 Toulouse – 1649 Toulouse]


Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

A LAS FLORETAS DEL GRAND RAMIER
Aux Fleurettes du Grand Ramier

 




Poème

Beutats floridas del Ramièr,
Beautés fleuries du Ramier
Ont per un plaser costumièr
Où nous eûmes ce plaisir coutumier
Cinc o siès sovent nos èm vistis
A cinq ou six de nous délasser
A far de braves rigolistis,
A passer de si bons moments
Prègui Dieu que de cap d’aigat
Je prie Dieu qu’aucune bourrasque
Vòstre prim pè non siá negat :
Ne vienne mouiller vos charmants pieds :




Jamai non sentatz calorada,
Jamais non plus qu’ils ne subissent ni la chaleur
Lavaci, brumas, ni torrada ;
Ni la pluie, la brume ou le gel
Prègui Dieu que de cap de vent
Je prie Dieu qu’aucune tornade
Non siátz brandidas tròp rabent ;
Ne vous secoue trop brutalement
Le Cèl, per amistança rara,
Que le Ciel, par amitié sincère,
Vos faça totjorn bona cara
Vous fasse toujours bonne figure
E jamai non vos mande ròs
Et qu’il ne vous envoie
Que d’aiganafa e d’aigaròs.
Que de la pluie de rose et d’oranger.




***********

PEIRE GODOLIN

************************




NOTICES HISTORIQUES
SUR
PIERRE GODOLIN

Pierre de Godolin naquit à Toulouse l’an 1579, dans la maison de la rue Pargaminières, contiguë au coin de celle de Notre-Dame-du-Sac ; élevé au collège des Jésuites, il y étudia les belles-lettres, et se fit remarquer par la vivacité de son esprit, par l’élégance des compositions, et la facilité avec laquelle il était parvenu à placer dans sa mémoire la majeure partie des œuvres de Virgile ; i étudia, hélas ! bien à contre cœur, mais enfin, il étudia jusqu’au bout la jurisprudence, prit la licence, et se fit recevoir avocat au parlement. Arrivé là, les épines que Thémis présente à ses favoris, ne purent convenir à une âme passionnée qui aimait à se perdre dans les rêves de son imagination ; il crut avoir assez montré de courage. Les muses vinrent le prendre, et le bon Godolin s’abandonna à leur aimable séduction. Contemporain du Tasse, il ne suivit pas seulement, comme ce célèbre poète, le penchant de son génie, mais comme lui, il chercha une route nouvelle. La langue d’oc était tombée avec le pouvoir des comtes de Toulouse ; le patois de nos provinces, n’étant plus soutenu ni par la majorité de la nation, ni par l’imprimerie, était devenu le partage du peuple, et cette langue si douce, si harmonieuse, véritable fille de celle que les troubadours avaient parlée, semblait être délaissée pour employer la langue générale du pays. Mais Godolin, qui connaissait les trésors de la linguistique qu’elle renfermait, avant de la laisser se perdre, voulut en sauver les débris ; il la préféra donc à la langue française, qui, froide, sèche et sans charmes, sortait à peine de la grossièreté de son premier âge ; car, suspendue encore aux mamelles de l’antiquité, elle n’était guère alors que du grec ou du latin, traduit en français ; il refusa de jeter ses gracieuses créations dans le moule grec ou romain. Il fallait à son génie un nouvel horizon. Sous la plume de notre compatriote, cette langue parut étincelante de nouvelles beautés ; elle se prêta à tous les tons et devint tour à tour grave, moelleuse, fière ou mélancolique ; son génie lui fit surmonter les difficultés qu’entraîne un dialecte peu usité, et les cordes de sa lyre furent assez dociles pour chanter, avec un talent varié, le ciel, les grands, les bergères et ses amis. Toujours élégant, il a employé avec adresse les fictions et les métaphores les pus ingénieuses. Imitateur heureux de Pindare, d’Horace et d’Anacréon, ses odes sont élevées d’un style noble et soutenu ; ses idylles respirent  la molle délicatesse, la grâce et l’abandon ; ses chansons sont enjouées, élégantes et faciles, et a mélopée, sou ses doigts, se transforme, se module et se ploie à toutes les inspirations, à toutes ses fantaisies. Enfin, tantôt enjoué, tantôt badin, mais toujours énergique, il surprend par la noblesse de ses expressions, dans une langue condamnée à ramper parmi le vulgaire.




Œuvres Complètes de Pierre Godolin
Notes historiques et littéraires par J.-M. Cayla et Paul Cléobule
Editeur Delboy à Toulouse en 1843

*******

PEIRE GODOLIN

三国志演义 LES TROIS ROYAUMES 羅貫中 Luo Guanzhong – I-6

*


LUO GUANZHONG
[1320年-1400年]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

 

**

 三国志演义
I-6

三國志演義
三国志演义
LES TROIS ROYAUMES

Roman Chinois du XIVe siècle
Début dynastie MING
明朝 [
1368-1644]

*

 三国志演义
Sān guó zhì yǎn yì
LES TROIS ROYAUMES
I-6

********

當日見了榜文,慨然長嘆。
Dān grì jiàn le bǎng wén, kǎi rán cháng tàn.
Ce jour de proclamation, il soupira profondément.
隨後一人厲聲言曰:
Suí hòu yī rén lìs hēng yán yuē:
 Un homme alors, derrière lui, déclama :
「大丈夫不與國家出力,何故長嘆?」
`Dà zhàng fū bù yǔ guó jiā chū lì, hé gù cháng tàn?’
« un véritable homme noble qui ne prend pas part à la destinée de son pays, pourquoi soupire-t-il ? »
玄德回視其人:
Xuán dé huí shì qí rén:
 Xuande dévisagea l’homme :
身長八尺,豹頭環眼,燕頷虎鬚,聲若巨雷,勢如奔馬。
Shēn cháng bā chǐ, bào tóu huán yǎn, yàn hàn hǔ xū, shēng ruò jù léi, shì rú bēn mǎ.
huit pieds de longueur, une tête de léopard et des yeux ronds, des moustaches de tigre, un menton d’hirondelle, une voix qui ressemblait au tonnerre, comme une course effrénée de chevaux en plein galop.
玄德見他形貌異常,問其姓名。
Xuán dé jiàn tā xíng mào yì cháng, wèn qí xìng míng.
Devant cette morphologie extraordinaire, Xuande lui demanda son nom.
其人曰:
Qí rén yuē:
L’homme répondit :

*

*

「某姓張,名飛,字翼德。
`Mǒu xìng zhāng, míng fēi, zì yì dé.
« Zhang est mon nom de famille,  mon nom est Fei et l’on m’appelle Yi De.
世居涿郡,頗有莊田,賣酒屠豬,專好結交天下豪傑。
Shì jū zhuō jùn, pō yǒu zhuāng tián, mài jiǔ tú zhū, zhuān hǎo jié jiāo tiān xià háo jié.
Je suis natif de Zhuo et ma famille vend du porc et de l’alcool et j’aime aller à la rencontre de ceux qui souhaitent un monde meilleur.
恰才見公看榜而嘆,故此相問。」
Qià cái jiàn gōng kàn bǎng ér tàn, gù cǐ xiāng wèn.’ 
J’ai regardé le public de la foule et je vous ai vu soupiré devant la proclamation. « 
玄德曰:
Xuán dé yuē: 
Xuande déclara alors : 
「我本漢室宗親,姓劉,名備。
 `Wǒ běn hàn shì zōng qīn, xìng liú, míng bèi. 
« Je suis du clan Han, je me nomme Liu, et Bei est mon surnom.

*





*

今聞黃巾倡亂,有志欲破賊安民;
Jīn wén huángjīn chàng luàn, yǒuzhì yù pò zéi ānmín;
Ces Turbans Jaunes apportent le chaos ;
恨力不能,故長嘆耳。」
 hèn lì bùnéng, gù chángtàn ěr.’ 
La haine ne peut doit pas vaincre, mon manque d’argent pour participer à ce combat, voilà la cause de ce soupir profond. »
飛曰:
Fēi yuē: 
Fei dit alors :
「吾頗有資財,當招募鄉勇,與公同舉大事,如何?」
`Wú pō yǒu zīcái, dàng zhāomù xiāng yǒng, yǔ gōng tóng jǔ dàshì, rúhé?’  
« J’ai quelques moyens, nous pourrions participer au recrutement, et trouver dans ce public quelques braves gars prêts à en découdre ? »
玄德甚喜,遂與同入村店中飲酒。
 Xuán dé shén xǐ, suì yǔ tóng rù cūn diàn zhōng yǐn jiǔ. 
Xuande fou de joie, l’accompagna dans le village afin de trinquer à cette heureuse rencontre.
正飲間,見一大漢,推著一輛車子,到店門首歇了;
Zhèng yǐn jiān, jiàn yī dà hàn, tuī zhe yī liàng chē zi, dào diàn mén shǒu xiē le;
En buvant, ils aperçurent un homme robuste, poussant une voiture, s’arrêtant devant la boutique;
入店坐下,便喚酒保:
rù diàn zuò xià, biàn huàn jiǔ bǎo: 
Celui-ci s’assit et, demanda au serveur :
「快斟酒來吃,我待趕入城去投軍。  」
`Kuài zhēn jiǔ lái chī, wǒ dài gǎn rùchéng qù tóu jūn. ‘
« Je voudrais manger le plus vite possible que je puisse me précipiter à la ville pour rejoindre l’armée qui se monte. »


*




*

 玄德看其人:
Xuán dé kàn qí rén:
Xuande regarda notre homme :
身長九尺,髯長二尺;
Shēn cháng jiǔ chǐ, rán cháng èr chǐ;
neuf pieds de longueur, une longue barbe de deux pieds,
面如重棗,唇如塗脂;
miàn rú zhòng zǎo, chún rú tú zhī;
un visage rouge écarlate, avec de grosses lèvres ;
丹鳳眼,臥蠶眉:
dān fèng yǎn, wò cán méi:
de grands yeux au-dessous de larges sourcils semblables à deux vers à soie :
相貌堂堂,威風凜凜。
Xiàng mào táng táng, wēi fēng lǐn lǐn.
une apparence majestueuse
玄德就邀他同坐,叩其姓名。
Xuán dé jiù yāo tā tóng zuò, kòu qí xìngmíng.
Xuande l’invita à s’asseoir à sa table, lui demanda son nom.
其人曰:
Qí rén yuē:
L’homme répondit :

*

*

「吾姓關,名羽,字長生,後改雲長,河東解良人也。
`Wú xìng guān, míng yǔ, zì cháng shēng, hòu gǎi yún zhǎng, hé dōng jiě liáng rén yě.
« Guan est ma famille, mon nom est Yu, on me surnomme Tchang Sheng, devenu par la suite Yun Tchang, et je suis de la région du Jie Liang. 
因本處勢豪,倚勢凌, 人,被吾殺了;
Yīn běn chù shì háo, yǐ shì líng rén, bèi wú shā le;
Je m’enfuie car j’ai tué le despote de mon pays ;
逃難江湖,五六年矣。
táo nàn jiāng hú, wǔ liù nián yǐ.
et depuis six ans, j’erre dans les campagnes.

*




*

*

今聞此處招軍破賊,特來應募。」
Jīn wén cǐ chù zhāo jūn pò zéi, tè lái yìngmù.’
J’ai entendu parler du recrutement qui se prépare et je souhaite participer au soulèvement. »
玄德遂以己志告之。
Xuán dé suì yǐ jǐ zhì gào zhī.
Xuande ensuite évoqua leurs projets.
雲長大喜。
Yún zhǎng dà xǐ.
Yun Zhang était fou de joie.
同到張飛莊上,共議大事。
Tóng dào zhāng fēi zhuāng shàng, gòng yì dà shì.
Ils partirent vers la ferme de Zhang Fei afin de discuter plus à fond des préparatifs.

*





****************************

VOCABULAIRE

榜文 bǎng wén l’annonciation – la proclamation
大事 dà shì – les évènements – les « grandes choses »
jūn– l’armée
shā– tuer
Miàn – surface – visage
chún – lèvre
zuò – s’asseoir

***********************

 三国志演义
LES TROIS ROYAUMES

WILLIAM BUTTLER YEATS : THE ONLY JEALOUSY OF EMER L’UNIQUE RIVALE D’EMER (III)

*








*

LE THEÂTRE DE
WILLIAM BUTTLER YEATS

Plays for Dancers
Pièces pour Danseurs


Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840




WILLIAM BUTTLER YEATS
(1865–1939)

THE ONLY JEALOUSY OF EMER
(III)

L’Unique Rivale d’Emer
(III)

*****

THE ONLY JEALOUSY OF EMER

*

 Eithne Inguba
Can you not hear my voice?
Ne peux-tu donc pas entendre sa voix ?

Emer
Bend over him.
Penche-toi sur lui.
Call out dear secrets till you have touched his heart
Rappelle-lui les secrets tendre à son cœur
If he lies there; and if he is not there
Si c’est lui qui est face à nous ; et si ce n’est pas lui
Till you have made him jealous.
Que ça le rende jaloux.

Eithne Inguba
Cuchulain, listen.
Ecoute, Cûchulainn

*




*

Emer
You speak too timidly; to be afraid
Tu parles bien trop timidement ; avoir peur
 
Because his wife is but three paces off,
Parce que sa femme est à trois pas,
 When there is so great a need, were but to prove
Quand il faut agir, prouverait
The man that chose you made but a poor choice.
A l’homme qui t’a choisie qu’il a fait le mauvais choix.
We’re but two women struggling with the sea.
Nous ne sommes que deux femmes qui luttont contre la mer.

Eithne lnguba
O my beloved, pardon me, that I
O mon bien-aimé, pardonne-moi,
Have been ashamed and you in so great need.
Pardonne ma honte, toi qui a tant besoin d’aide.
I have never sent a message or called out,
Je n’ai jamais envoyé de message ni jamais appelé,
Scarce had a longing for your company,
Ni souhaité ta compagnie,
But you have known and come. And if indeed
Mais tu l’as su et tu es venu. Et si en effet
  You are lying there stretch out your arms and speak;
Tu te trouves là-bas, tends tes bras et parle ;
Open your mouth and speak, for to this hour
Ouvre ta bouche et parle, jusqu’à cette heure
My company has made you talkative.
Ma compagnie te rendait bavard.
Why do you mope, and what has closed your ears ?
Pourquoi ce mutisme, et pourquoi es-tu sourd ?
Our passion had not chilled when we were parted
Notre passion ne s’est pas refroidie quand nous nous sommes séparés
On the pale shore under the breaking dawn.
Sur la pâle rive sous l’aube brisée.
He will not hear me: or his ears are closed
Ses oreilles peut-être n’entendent pas
And no sound reaches him.
Aucun son ne pouvant l’atteindre.

 

*








*

Emer
Then kiss that image:
Ensuite, embrasse cette image :
The pressure of your mouth upon his mouth
La pression de ta bouche sur sa bouche
May reach him where he is.
Peut l’atteindre là où il se trouve.

Eithne lnguba
starting back
Reculant
It is no man.
Ce n’est pas un homme !
I felt some evil thing that dried my heart
De mauvaises choses ont effrayé mon cœur
When my lips touched it.
Au contact de mes lèvres

 Emer
No, his body stirs;
Non, son corps bouge !
The pressure of your mouth has called him home;
La pression de tes lèvres l’on fait revenir ;
He has thrown the changeling out.
Il a repoussé l’imposteur !

Eithne lnguba
 going further off
Reculant encore
Look at that arm —
Regardez ce bras !
That arm is withered to the very socket.
Ce bras est totalement flétri !

*




*

Emer
going up to the bed
Il s’approche du lit
What do you come for, and from where?
Pourquoi viens-tu ici et d’où viens-tu ?

Figure of Cuchulain
La figure de Cûchulainn
I have come
Je viens
From Mananan’s court upon a bridleless horse.
De la cour de Mananan sur un cheval sans brides

Emer
What one among the Sidhe has dared to lie
Quel Sidhe a osé se coucher
Upon Cuchulain’s bed and take his image?
Sur le lit de Cûchulainn et prendre son image ?

*




*

Figure of Cuchulain
La figure de Cûchulainn
I am named Bricriu — not the man — that Bricriu,
Je m’appelle Bricriu – pas l’homme, mais Bricriu,
Maker of discord among gods and men,
Créateur de discorde chez les dieux et chez les hommes,
 Called Bricriu of the Sidhe.
Que l’on appelle Bricriu des Sidhes.

Emer
Come for what purpose?
Pourquoi êtes-vous ici ?

Figure of Cuchulain
La figure de Cûchulainn
 [sitting up and showing its distorted
 Se redressant et montrant la déformation
face, while Eithne Inguba goes out] :

de son visage, alors que Eithne Inguba sort
I show my face and everything he loves
Je montre mon visage et que tout ce qu’il aime
Must fly away.
Parte.




Poetry of Yeats La Poésie de Yeats William_Butler_Yeats_by_John_Singer_Sargent_1908

*******

WILLIAM BUTTLER YEATS
THE ONLY JEALOUSY OF EMER
(III)

*********

LA POESIE DE YEATS

COMPLEXITE SUCREE Poème érotique de Jacky Lavauzelle

*

Poème érotique




 COMPLEXITE SUCREE
poème érotique de
Jacky Lavauzelle

Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon
Sans un goût au fond de la gorge
Une fenaison de mots hiémaux
Pas un son sucré
Pas une seule désinence
Un bruit umami de mots
De lettres
Se levant à la diane




Ilotes des eaux, cocottes des mers
Salopes des profondeurs
Diaphanes et salées
Poivrées et hyalines
Dans le duo des vases smaragdines
La vie déjà jouait son gambit
Sacrifice inutile des ondes
Ecartant les cuisses
Au bateau qui passe
Ecartant les heures
Roulant inutilement la nitescence des rouleaux
La terre voisine s’obrombait
Lentement
Une odeur petrichor rentrait dans nos narines en fusion
Tels des taureaux avant l’accouplement
Pénétrant
Et l’esprit immarcescible et la grâce nivéale
N’en ayant que faire
Du monde et des hommes








Ton cul lui-même était devenu flavescent
Perclus, paralysé de tant de coups démontés
Le contadin mussant
Dans le revers d’une feuille
en restait coi
N’ayant jamais pensé qu’un tel coït fut possible.
Le sexe violacé adamantin
Pouvant défoncer n’importe quelle défense
La queue grignait de plus belle
Ne cherchant qu’une route
Sans la foule
Après tout
Dans les durs entrelacs d’une étrange thébaïde
La brouette callipyge
N’en demandait pas tant
La dame clamait tant et tant
De profondes objurgations
N’étant pas une péronnelle de l’année
En en voulant pour son compte




Et l’homme brave artisan
Mondant l’ariane
S’appliquait dans le caligineux inlassablement
Dans cette ocelle précautionneuse
Un hapax unique et fondamental
La belle tintinnabulait et brinquebalait
D’un avant et d’un arrière
Arrachant le dais et lui lacérant les couilles
Sur le présent glacis
Il la manégeait bien fort
Sans la ménager nullement
Et bien malignement
C’en était beau à voir
L’alliciant lâcha la purée incoercible
L’être devenu chair lui montra des purs gestes hypocoristiques
Quasi christiques
Que notre gaillard abhorrait
Lui redonnant vigueur








Lui montrant les dernières nouveautés haptonomiques
Le gland minium redevenu jaspe
Renouvelant des nouvelles attaques obsidionales
Des battements ignés
Le foutre vulnéraire girandole effaça les brûlures
En entrant dans l’empyrée écuissée
Diaprant les attributs de la douce alanguie en se lénifiant
D’un revers se détacha de la squalide
L’aigrefin s’en alla plein d’hubris
Avec l’inanité dans ses poches
Et poussant un rot à faire vomir un crapeau
La belle n’était plus sylphide
Ni belle ni nitide
Le vent n’était plus zéphyr
L’anoure n’était plus poney




La nature déhiscente n’était plus la Nature
Un lieu abscons tout au plus
Une misère impéritique
La nature avait désormais
Le cul à l’envers.

 

Jacky Lavauzelle
COMPLEXITE SUCREE
POEME EROTIQUE

CATULLE CATULUS XIII ad Fabullum A FABULLUS

*

CATULLE CATULLUS XIII

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XIII

A FABULLUS

 

ad Fabullum

***

Cenabis bene, mi Fabulle, apud me
Comme tu dîneras bien chez moi, mon cher Fabullus,
paucis, si tibi di favent, diebus,
Bientôt, si les dieux te sont favorables,
si tecum attuleris bonam atque magnam
Si tu apportes avec toi de bons et de nombreuses
cenam, non sine candida puella
Victuailles,  une belle et jolie fille
 et vino et sale et omnibus cachinnis.
et du vin et de l’esprit et des rires pour tous.
haec si, inquam, attuleris, venuste noster,
Arrive avec toutes ces choses, mon gracieux ami,
cenabis bene: nam tui Catulli
et nous mangerons bien : car en effet ton Catulle
plenus sacculus est aranearum.
A la bourse pleine de toiles d’araignées.
sed contra accipies meros amores
Mais son affection, elle, est pure
seu quid suavius elegantiusvest:
Et tu auras quelque chose de plus suave encore :
nam unguentum dabo, quod meae puellae
Des parfums, que ma jeune maîtresse,
donarunt Veneres Cupidinesque,
A eu en don de Venus et de Cupidon ;
quod tu cum olfacies, deos rogabis,
lorsque tu prendras une bouffée de ces fragrances, tu demanderas aux dieux,
otum ut te faciant, Fabulle, nasum.
Fabullus, de te rendre ton nez.

*****

*************

CONTRE ASINUS

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












**********************
Catulle – Catullus
XIII

****************************

LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

***********************

SONNETS DE SHAKESPEARE 27 Weary with toil LOURD DE FATIGUE

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 27

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
Weary with toil

LOURD DE FATIGUE

1598 

**

*

Weary with toil, I haste me to my bed,
Lourd de fatigue, je me précipite vers mon lit,
The dear repose for limbs with travel tir’d;
Cher repos pour mes membres froissés par le voyage ;
But then begins a journey in my head
Mais commence un autre voyage dans ma tête
To work my mind, when body’s work’s expired:
Qui use mon esprit, dès que le travail du corps expire :

*








*

For then my thoughts—from far where I abide—
Car, alors, mes pensées – loin d’où je demeure –
Intend a zealous pilgrimage to thee,
Commencent un pèlerinage vers toi,
 And keep my drooping eyelids open wide,
Et gardent mes paupières ensommeillées pourtant ouvertes,
Looking on darkness which the blind do see:
En regardant les ténèbres visibles par les aveugles seuls :

*

Save that my soul’s imaginary sight
Ce que voit mon âme imaginaire
Presents thy shadow to my sightless view,
Présente ton ombre à ma vue aveugle,
Which, like a jewel hung in ghastly night,
Qui, comme un bijou accroché dans la nuit horrible,

*






*

Makes black night beauteous, and her old face new.
Rend la nuit noire étincelante, et rajeunit son vieux visage.
Lo! thus, by day my limbs, by night my mind,
Ainsi, le jour mon corps, la nuit mon cœur,
 For thee, and for myself, no quiet find.
Par toi, par moi, sont sans repos.

*****************

SHAKESPEARE SONNET 27

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-58 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-58 LES LUSIADES III-58
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-58

OS LUSIADAS III-58

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 58
Strophe 58

III-58

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-58
LES LUSIADES III-58

 *****

Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

******

« Lá do Germânico Albis, e do Rene,
« De l’Elbe et du Rhin germaniques,
E da fria Bretanha conduzidos,
  Et de la froide Bretagne froide était portée
 
A destruir o povo Sarraceno,
La volonté de détruire le Peuple Sarrasin,
Muitos com tensão santa eram partidos.
De nombreux guerriers partis saintement.
Entrando a boca já do Tejo ameno,
Ils entrèrent par la douce bouche du Tage,
Co’o arraial do grande Afonso unidos,
  Pour s’unir avec les troupes du grand Alphonse,
Cuja alta fama então subia aos Céus,
  Dont la grande renommée montait aux Cieux,
 
Foi posto cerco tos muros Ulisseus.
Et mirent le siège aux murs Ulysséens.

*******

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-58 CAMOES LUSIADES III-58
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES