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L’ÉPITAPHE – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXI – SONNET 81 – Or I shall live your Epitaph to make

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




**

SONNET 81
LXXXI

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

L’ÉPITAPHE
Or I shall live your Epitaph to make

 

1598 

**

*

Or I shall live your Epitaph to make,
Ou je vivrai pour rédiger votre Épitaphe,
Or you survive when I in earth am rotten,
Ou vous me survivrez quand je pourrirai sur terre,
From hence your memory death cannot take,
La mort ne peut effacer votre mémoire,
Although in me each part will be forgotten.
Alors qu’en moi chaque partie sera oubliée.

*

Your name from hence immortal life shall have,
Ici, votre nom désormais deviendra immortel,
Though I (once gone) to all the world must die:
Alors que moi (une fois parti) pour le monde entier, je doive mourir :
The earth can yield me but a common grave,
La terre ne peut me donner qu’une tombe commune,
When you entombed in men’s eyes shall lie.
Quand vous vous serez enterrez dans les yeux des hommes.

*

Your monument shall be my gentle verse,
Votre monument sera mon doux vers,
Which eyes not yet created shall o’er-read;
Que les yeux, non encore créés, liront ;
And tongues to be, your being shall rehearse,
Et les langues à venir parleront de votre être,

*

When all the breathers of this world are dead;
Quand tous ce qui respirent en ce monde seront morts ;
You still shall live (such virtue hath my Pen)
Vous vivrez toujours (telle est la vertu de ma Plume)
Where breath most breathes, even in the mouths of men.
Là où le souffle est le plus grand : dans la bouche même des hommes.



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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

Douces colères, doux dédains et douces paix – LE CHANSONNIER de Pétrarque 205-CANZONIERE PETRARCA 205 – CCV – Dolci ire, dolci sdegni et dolci paci

*

FRANCESCO PÉTRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca 
Sonetto 205

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE
Sonnet 205
CCV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

205/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

*

Dolci ire, dolci sdegni et dolci paci,
Douces colères, doux dédains et douces paix,
dolce mal, dolce affanno et dolce peso,
doux mal, douce affliction et doux fardeau,
dolce parlare, et dolcemente inteso,
doux parler, doucement compris,
or di dolce òra, or pien di dolci faci:
tantôt avec douce froideur, tantôt avec douce ardeur :

*


alma, non ti lagnar, ma soffra et taci,
ô mon âme, ne te plains pas, mais souffre et tais-toi,
et tempra il dolce amaro, che n’à offeso,
et étanche la douce amertume qui nous offense,
col dolce honor che d’amar quella ài preso
avec le doux honneur qui te revient d’aimer
a cui io dissi: Tu sola mi piaci.
celle à qui j’ai dit : je t’aime, toi uniquement.

*


Forse anchor fia chi sospirando dica,
Peut-être encore que quelqu’un dira,
tinto di dolce invidia: Assai sostenne
teinté d’une douce envie : Il a tant souffert
per bellissimo amor quest’al suo tempo.
pour ce si bel amour autrefois.

*


Altri: O fortuna agli occhi miei nemica,
D’autres diront : Ô fortune à mes yeux ennemie,
perché non la vid’io? perché non venne
pourquoi ne l’ai-je point vue ? pourquoi n’est-elle donc pas venue
ella piú tardi, over io piú per tempo?
plus tard, ou alors moi un peu plus tôt ?

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 205
le chansonnier Pétrarque Sonnet 205
canzoniere poet

FRANCESCO PÉTRARQUE

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Ô MON ÂME – LE CHANSONNIER de Pétrarque Sonnet 204-CANZONIERE PETRARCA Sonetto 204- CCIV – Anima, che diverse cose tante

*

FRANCESCO PÉTRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca 
Sonetto 204

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE
Sonnet 204
CCIV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

204/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

*

Anima, che diverse cose tante
Ô mon âme, que tant de choses différentes
vedi, odi et leggi et parli et scrivi et pensi;
tu vois, entends, lis, parles, écris et penses ;
occhi miei vaghi, et tu, fra li altri sensi,
mes yeux errants, et toi, mon ouï, entre tous les autres sens,
che scorgi al cor l’alte parole sante:
tu portes les hautes paroles saintes dans mon cœur :

*


per quanto non vorreste o poscia od ante
que ne donneriez-vous pour ne pas vous trouver
esser giunti al camin che sí mal tiensi,
sur le chemin où l’on marche si mal,
per non trovarvi i duo bei lumi accensi,
afin de ne pas y trouver les deux belles lumières,
né l’orme impresse de l’amate piante?
ni l’énorme empreinte des pieds bien-aimés ?

*


Or con sí chiara luce, et con tai segni,
Or avec une lumière si claire et avec de tels signaux,
errar non dêsi in quel breve vïaggio,
il n’est point permis de s’égarer de ce si court voyage,
che ne pò far d’etterno albergo degni.
où nous pouvons mériter l’éternelle demeure.

*


Sfòrzati al cielo, o mio stancho coraggio,
Efforce-toi d’aller vers ciel, ô mon courage si las,
per la nebbia entro de’ suoi dolci sdegni,
et traverse le brouillard de son doux dédain,
seguendo i passi honesti e ’l divo raggio.
en suivant les pas honnêtes et le rayon divin.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 204
le chansonnier Pétrarque Sonnet 204
canzoniere poet

FRANCESCO PÉTRARQUE

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AU CŒUR DE LA TEMPÊTE – OS LUSIADAS VI-71- LES LUSIADES – Luís de Camões – Não eram os traquetes bem tomados

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-71 LES LUSIADES VI-71

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

Não eram os traquetes bem tomados,
Ils n’étaient pas encore prêts,
Quando dá a grande e súbita procela:
Quand la grande et soudaine tempête s’abattit :
« Amaina, disse o mestre a grandes brados,
« Apportez, cria le maître d’équipage,
Amaina, disse, amaina a grande vela! »
Apportez, dit-il, apportez la grand-voile ! »
Não esperam os ventos indinados
Mais les vents violents les empêchaient
Que amainassem; mas juntos dando nela,
De la descendre ; mais en se retrouvant tous ensemble,
Em pedaços a fazem, com um ruído
En morceaux, ils la transforment, avec un tel bruit
Que o mundo pareceu ser destruído.
Que le monde semblait s’être effondrer.


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ALERTE !- OS LUSIADAS VI-70- LES LUSIADES – Luís de Camões – Mas, neste passo, assim prontos estando

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-70 LES LUSIADES VI-70

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

Mas, neste passo, assim prontos estando
Mais, brusquement, au milieu de ces hommes captivés,
Eis o mestre, que olhando os ares anda,
Voici que le maître d’équipage, qui regarde le ciel,
O apito toca; acordam despertando
Donne un coup de sifflet ; se réveillent alors
Os marinheiros duma e doutra banda;
Les marins de l’un et l’autre groupe ;
E porque o vento vinha refrescando,
Et comme le vent refroidissait,
Os traquetes das gáveas tomar manda:
Il demande de rentrer la grand-voile :
« Alerta, disse, estai, que o vento cresce
« Alerte, dit-il, reste, voici que le vent se lève
Daquela nuvem negra que aparece.
Là-bas où un puissant nuage noir apparaît. »


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UN AUTRE S’AVENTURE EN ALLEMAGNE – OS LUSIADAS VI-69- LES LUSIADES – Luís de Camões – Outro também dos doze em Alemanha

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-69 LES LUSIADES VI-69

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Outro também dos doze em Alemanha
« Un autre des douze en Allemagne
Se lança, e teve um fero desafio
S’aventure et vécut un défi féroce
Com um Germano enganoso, que com manha
Avec un fourbe Germain, qui utilisant
Não devida o quis pôr no extremo fio. »
Un stratagème inique qui tenta de le terrasser. « 
Contando assim Veloso, já a companha
C’est ainsi que contait Veloso, mais déjà la compagnie
Lhe pede que não f aça tal desvio
Lui demanda de ne pas faire un tel détour
Do caso de Magriço, e vencimento,
Sur le cas de Magriço et sur sa victoire,
Nem deixe o de Alemanha em esquecimento.
Et d’aborder plus tard cette aventure en Allemagne.



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COMME TORQUATUS ET CORVINUS – OS LUSIADAS VI-68- LES LUSIADES – Luís de Camões – o grã Magriço

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-68 LES LUSIADES VI-68

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Mas dizem que, contudo, o grã Magriço,
« Mais il est dit, cependant, que le grand Magriço,
Desejoso de ver as coisas grandes,
Désireux de voir de grandes choses,
Lá se deixou ficar, onde um serviço
Est resté là, où il rendit un service
Notável à condessa fez de Frandes;
Remarquable à la comtesse de Flandres ;
E como quem não era já noviço
Et n’étant pas un jeune novice
Em todo trance, onde tu, Marte, mandes,
Dans chaque transe où règne de Mars la loi,
Um Francês mata em campo, que o destino
Il terrasse un Français sur un champ, destin
Lá teve de Torcato e de Corvino.
Qu’eurent Torquatus et Corvinus avec des Gaulois*.



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*
La sévérité de
Titus Manlius Imperiosus Torquatus

Manlius Torquatus
&
la douceur de Marcus Valerius CorvusValerius Corvinus

PAR
MACHIAVEL

Rome posséda en même temps deux généraux habiles ; Manlius Torquatus et Valerius Corvinus. Tous deux vécurent dans cette ville, égaux en courage, en triomphes et en gloire ; tous deux, à l’égard de l’ennemi, durent ces avantages à une valeur semblable ; mais, quant à la manière de diriger leur armée et de traiter leur soldats, ils suivirent une marche entièrement différente. Manlius, déployant en toute occasion une sévérité sans bornes, accablait sans cesse les troupes de travaux pénibles ; Valerius, au contraire, rempli de douceur envers elles, se plaisait à leur témoigner la familiarité la plus affable. L’un, pour maintenir la discipline dans son armée, livra son propre fils à la mort ; l’autre n’offensa jamais le moindre citoyen ; cependant chacun retira les mêmes fruits d’une conduite si opposée, à l’égard de l’ennemi, de la république et de soi-même. En effet, jamais aucun soldat ne refusa de marcher au combat, ne se souleva contre eux, ou ne se montra opposé à leurs commandements, quoique ceux de Manlius fussent tellement rigoureux, que l’on nomma Manliana imperia tous les ordres qui se faisaient remarquer par leur excessive sévérité.

Il faut donc examiner d’abord ce qui obligea Manlius à déployer une si grande sévérité, et pourquoi Valerius, au contraire, put s’abandonner à sa douceur naturelle ; ensuite comment il se fait que des procédés si divers aient obtenu les mêmes résultats ; et enfin quel est celui qu’il est plus désirable et plus avantageux d’imiter…

Si l’on examine avec attention le caractère de Manlius, du moment où Tite-Live commence à parler de lui, on verra en lui un homme doué du plus ferme courage, plein de tendresse pour son père et pour sa patrie, de respect pour ses supérieurs. Il fit éclater ces vertus dans le combat où il donna la mort à un Gaulois, et dans la défense de son père, qu’il entreprit contre un des tribuns. Avant d’aller combattre ce Gaulois, il vint trouver le consul et lui dit : In jussu tua adversus hostem nunquam pugnabo, non si certam victoriam videam. Un homme de cette trempe, parvenu au commandement, doit vouloir que tous les hommes lui ressemblent ; son âme sans faiblesse lui dicte des ordres rigoureux ; et lorsqu’il a fait connaître ses volontés, il ne souffre pas qu’on les enfreigne. Une règle sans exception, c’est que si l’on donne des ordres pleins de sévérité, il faut les faire exécuter impitoyablement, lorsqu’on ne veut pas en être soi-même la victime ; d’où il faut conclure que, quand on veut être obéi, il faut savoir commander. Et ceux-là seuls savent commander, qui comparent leurs qualités à celles des hommes qui doivent leur obéir ; qui ne donnent des ordres que lorsqu’ils y voient de la proportion, et qui, lorsqu’elle n’existe pas, se gardent bien de rien prescrire. C’est ce qui faisait dire à un sage que, lorsqu’on voulait gouverner un État par la violence, il fallait qu’il y eût proportion entre celui qui l’employait et le peuple qui la souffrait ; que, lorsque cette balance existait, il était à présumer que la violence pourrait être durable ; mais que, lorsque l’opprimé était plus fort que l’oppresseur, on pouvait s’attendre chaque jour à voir cesser cette violence.

Pour en revenir à mon sujet, je dis que lorsque l’on donne des ordres pleins de vigueur, il faut être fort soi-même ; et celui qui, doué de cette force d’âme, donne des ordres rigoureux, ne peut ensuite descendre à la douceur pour les faire exécuter. Celui qui ne possède point une âme de cette trempe doit éviter les ordres extraordinaires ; mais dans ceux qui ne sortent point de la classe ordinaire, il peut s’abandonner à toute la douceur de son caractère, attendu que les châtiments ordinaires s’imputent seulement aux lois et à la raison d’État, et jamais au prince.

Il faut donc croire que Manlius fut contraint d’agir avec autant de rigueur par la nature de son caractère, qui l’inclinait aux ordres sévères. Ces ordres sont utiles dans une république ; car ils en ramènent les institutions à leur principe et la rappellent à son antique vertu. Si une république était assez heureuse pour voir souvent naître dans son sein des hommes dont l’exemple, ainsi que je l’ai dit, rendit la vigueur à ses lois, et qui non-seulement la retinssent sur le penchant de sa ruine, mais pussent la faire revenir sur ses pas, elle serait sans doute éternelle. Ainsi Manlius fut un de ces mortels dont la rigidité et le caractère absolu conservèrent dans Rome la discipline militaire : d’abord, il fut entraîné par la nature de son caractère ; et ensuite par le désir de faire observer les ordres que lui avaient dictés ses inclinations naturelles.

D’un autre côté, Valerius, à qui il suffisait de maintenir les règles de la discipline en vigueur dans les armées romaines, put s’abandonner à toute sa douceur. Comme cette discipline était bonne, il n’avait besoin que de la faire observer pour obtenir de la gloire ; d’ailleurs, comme elle était facile à suivre, elle n’obligeait point à sévir contre les transgresseurs, soit qu’il n’en existât pas, soit que, s’il s’en fût trouvé quelques-uns, c’eût été, comme nous l’avons dit, aux règlements qu’ils auraient imputé leur châtiment, et non à la cruauté de leur chef. Ainsi Valerius pouvait suivre sans obstacle son penchant à la douceur, de manière à mériter l’amour de ses soldats, et à les rendre satisfaits de leur sort. Il en résulta que Valerius et Manlius, ayant su se faire obéir tous deux, quoique par des voies différentes, purent obtenir les mêmes effets.

Toutefois ceux qui voudraient imiter ces deux grands hommes pourraient encourir cette déconsidération et cette haine dont j’ai dit que Scipion et Hannibal furent l’objet ; et ce n’est que par des qualités pour ainsi dire surnaturelles que l’on peut échapper à ce double inconvénient.

Il me reste maintenant à examiner lequel de ces deux modes de se conduire mérite le plus de louanges. Ce point peut être sujet à discussion ; car les écrivains ont fait de tous deux l’objet de leurs éloges ; néanmoins ceux qui ont écrit sur la conduite que doivent suivre les princes paraissent plus pencher pour Valerius que pour Manlius. Xénophon, que j’ai déjà cité, racontant plusieurs traits d’humanité de Cirrus, se rapproche infiniment de ce que dit Tite-Live touchant Valerius, qui, ayant été fait consul dans la guerre contre les Samnites, parla à ses soldats, le jour même du combat, avec cette douceur et cette affabilité qui le dirigeaient dans toutes ses actions. Après cette harangue, Tite-Live ajoute ces paroles : Non alias militi familiarior dux fuit, inter infimos militum omnia haud gravate munia obeundo. In ludo prœterea militari, cum velocitatis viriumque inter se œquales certamina ineunt, comiter facilis vincere acvinci, vultu eodem ; nec quemquam adspernari parem, qui se obferret ; factis, benignus pro re ; dictis, haud minus libertatis alienas, quam suœ dignitatis memor ; et, quo nihil popularius est, quibus artibus petierat magistratus iisdem gerebat.

Tite-Live parle de Manlius d’une manière également honorable, en faisant voir que la sévérité qu’il déploya dans la mort de son fils rendit l’armée tellement soumise au consul, qu’elle fut cause de la victoire que le peuple romain remporta sur les Latins ; il pousse la louange au point, qu’après avoir décrit cette victoire et les dispositions du combat, et mis sous les yeux du lecteur tous les dangers que les Romains coururent, ainsi que tous les obstacles qu’ils durent surmonter pour triompher, il conclut en disant que c’est à la seule valeur de Manlius que Rome fut redevable de la victoire. Il établit ensuite une comparaison entre les forces des deux armées, et il affirme que celle-là eût été victorieuse, qui aurait eu Manlius pour consul.

Machiavel
Discours sur la première décade de Tite-Live
Traduction par Jean Vincent Périès.
Texte établi par Charles Louandre, Charpentier, 1855 


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LES FESTIVITÉS DUES AUX VAINQUEURS – OS LUSIADAS VI-67- LES LUSIADES – Luís de Camões -Recolhe o Duque os doze vencedores

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-67 LES LUSIADES VI-67

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Recolhe o Duque os doze vencedores
« Le Duc propose aux douze vainqueurs
Nos seus paços, com festas e alegria;
De participer dans ses palais, aux fêtes et réjouissances ;
Cozinheiros ocupa e caçadores
Elles déploient cuisiniers et chasseurs
Das damas a formosa companhia,
Ces dames à cette éclatante compagnie,
Que querem dar aos seus libertadores
Et veulent donner à leurs libérateurs
Banquetes mil cada hora e cada dia,
Mille banquets toutes les heures et tous les jours,
Enquanto se detêm em Inglaterra,
Tout le temps qu’ils resteront en Angleterre,
Até tornar à doce e cara terra.

Jusqu’à ce qu’ils retournent à leur terre douce et chère.


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LA VICTOIRE FINALE DES PORTUGAIS – OS LUSIADAS VI-66- LES LUSIADES – Luís de Camões – Gastar palavras em contar extremos

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-66 LES LUSIADES VI-66

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Gastar palavras em contar extremos
« Tous les mots pour conter les extrêmes
De golpes feros, cruas estocadas,
Frappes sauvages, les puissantes estocades,
É desses gastadores, que sabemos,
Sont pour ces bavards, que nous connaissons ;
Maus do tempo, com fábulas sonhadas.
Laissons-les chanter ces fabuleuses épopées.
Basta, por fim do caso, que entendemos
Il nous suffit, à la fin de l’affaire, que nous comprenions
Que com finezas altas e afamadas,
Par leurs prouesses élevées et fameuses,
Com os nossos fica a palma da vitória,
Qu’aux nôtres revint la victoire finale,
E as damas vencedoras, e com glória.
Et aux dames triomphantes revint la gloire.



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LE COMBAT FAIT RAGE (2)- OS LUSIADAS VI-65- LES LUSIADES – Luís de Camões – Algum dali tomou perpétuo sono

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-65 LES LUSIADES VI-65

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Algum dali tomou perpétuo sono
« L’un d’eux s’endort pour toujours
E fez da vida ao fim breve intervalo;
Et, en un instant, passe de la vie à la mort ;
Correndo algum cavalo vai sem dono
Un cheval galope sans cavalier
E noutra parte o dono sem cavalo.
Et là-bas, un cavalier court sans cheval.
Cai a soberba Inglesa de seu trono,
La fierté Anglaise tombe de son trône,
Que dois ou três já fora vão do vale;
Quand deux ou trois sortent de la zone des combats ;
Os que de espada vêm fazer batalha,
Ceux qui avec une épée en viennent à combattre,
Mais acham já que arnês, escudo e malha.
Ne trouvent déjà plus que harnais, bouclier et maille.



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