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L’ARBRE NOIR DANS LE CIEL – Poème de RAINER MARIA RILKE – EINGANG – 1906

Caspar David Friedrich, Falaise de craie sur l’île de Rügen, 1818

Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

 

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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L’ARBRE NOIR DANS LE CIEL
EINGANG
1906
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Wer du auch seist: am Abend tritt hinaus
Qui que tu sois : sors le soir
aus deiner Stube, drin du alles weißt;
de ta chambre, dans laquelle tu sais tout ;
als letztes vor der Ferne liegt dein Haus:
la dernière chose connue devant toi est ta maison :
wer du auch seist.
qui que tu sois.
Mit deinen Augen, welche müde kaum
Avec tes yeux, encore fatigués
von der verbrauchten Schwelle sich befrein,
à se débarrasser de ce seuil reconnu,
hebst du ganz langsam einen schwarzen Baum
tu soulèves lentement un arbre noir
und stellst ihn vor den Himmel: schlank, allein.
et le poses devant le ciel : efflanqué et seul.
Und hast die Welt gemacht. Und sie ist groß
Et un monde existe. Et il est grand
und wie ein Wort, das noch im Schweigen reift.
Et comme un mot, il mûrit encore en silence.
Und wie dein Wille ihren Sinn begreift,
Et comme ta volonté comprend sa signification,
lassen sie deine Augen zärtllich los …
Tes yeux tendrement le laissent à son propre destin …


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L’ÉTÉ – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – DER SOMMER – Noch ist die Zeit des Jahrs zu sehn

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

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die Gedichte
Les Poèmes

 

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L’ÉTÉ
DER SOMMER
Noch ist die Zeit des Jahrs zu sehn

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Georges Seurat, Les Terrassiers,1883, National Gallery of Art, Washington

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Noch ist die Zeit des Jahrs zu sehn, und die Gefilde
L’an encore montre ses attraits, quand les rayons
Des Sommers stehn in ihrem Glanz, in ihrer Milde ;
De l’été brillent dans leur grandeur, dans une infinie douceur ;
Des Feldes Grün ist prächtig ausgebreitet,
Le champ vert magnifiquement s’étale,
Allwo der Bach hinab mit Wellen gleitet.
Sur lequel le ruisseau jette ses torrents.

*

So zieht der Tag hinaus durch Berg und Tale,
Ainsi le jour passe sur les montagnes et les vallées,
Mit seiner Unaufhaltsamkeit und seinem Strahle,
Inexorablement et avec tous ses rayons de lumière,
Und Wolken ziehn in Ruh, in hohen Räumen,
Et les nuages se déplacent en paix, dans les hauteurs,
Es scheint das Jahr mit Herrlichkeit zu säumen.
L’an semble se promener avec tant de splendeur.

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LE DESTIN DE L’ESPRIT – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – Des Geistes Werden…

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes

 

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LE DESTIN DE L’ESPRIT
Des Geistes Werden…

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Léon Bakst, La Péri (1911)

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Des Geistes Werden ist den Menschen nicht verborgen,
Le destin de l’esprit n’est pas caché aux hommes,
Und wie das Leben ist, das Menschen sich gefunden,
Tout comme la vie que se sont trouvés les hommes,
Es ist des Lebens Tag, es ist des Lebens Morgen,
Tout comme le jour est vie, comme le matin est vie,
Wie Reichtum sind des Geistes hohe Stunden.
Les heures de l’esprit sont une si vaste richesse.

*

Wie die Natur sich dazu herrlich findet,
Comme la nature se retrouve merveilleuse,
Ist, daß der Mensch nach solcher Freude schauet,
L’homme recherche une telle joie,
Wie er dem Tage sich, dem Leben sich vertrauet,
Comme il croit dans le jour, dans la vie,
Wie er mit sich den Bund des Geistes bindet.
Comme il lie l’esprit avec lui-même.



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LE MANDARIN – Eça de Queiroz – Eça de Queirós -O Mandarim – 1ère Partie – 4ème section

    LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Eça de Queirós
Eça de Queiroz
(1845-1900)
Tradução – Traduction
texto bilingue

Eça de Queirós 1882 O Mandarim Le Mandarin

O Mandarim

(1880)

LE MANDARIN

I

Première Partie

Traduction Jacky Lavauzelle

Quatrième Section

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Eu murmurei, com as faces abrasadas:

Je murmurai, les joues rougies :
— Têm.
– Oui
E a sua voz prosseguiu, paciente e suave:
Et sa voix continua, patiente et douce :
— Que me diz a cento e cinco, ou cento e seis mil contos?  
– Que dites-vous de cent cinq ou cent six millions ?
Bem sei, é uma bagatela…
Je sais, c’est une bagatelle …
Mas enfim, constituem um começo; são uma ligeira habilitação pára conquistar a felicidade.
Mais de toute façon, c’est un début ; un moyen pour atteindre le bonheur.
Agora pondere estes factos: o Mandarim, esse Mandarim do fundo da China, está decrépito e está gotoso: como homem, como funcionário do Celeste Império, é mais inútil em Pequim e na humanidade, que um seixo na boca de um cão esfomeado.
Considérez maintenant ces faits : le mandarin, ce mandarin du fond de la Chine, est décrépit et gras : en tant qu’homme, en tant qu’employé de l’empire Céleste, il est plus inutile à Pékin et à l’humanité, qu’un caillou dans la bouche d’un chien affamé.
Mas a transformação da Substância existe: garanto-lha eu, que sei o segredo das coisas…
Mais la transformation de la Substance existe : je vous assure que je connais le secret des choses …
Porque a terra é assim: recolhe aqui um homem apodrecido, e restitui-o além ao conjunto das formas como vegetal viçoso.
Parce que la terre est comme ça : elle recueille ici un homme pourri, et le transforme en un légume luxuriant. 
Bem pode ser que ele, inútil como mandarim no Império do Meio, vá ser útil noutra terra como rosa perfumada ou saboroso repolho.
Il se pourrait bien que ce mandarin, inutile comme mandarin dans l’Empire du Milieu, soit utile dans un autre pays comme la rose parfumée ou le chou savoureux.
Matar, meu filho, é quase sempre equilibrar as necessidades universais.
Tuer, mon fils, en somme, équilibre presque toujours les besoins universels.
É eliminar aqui a excrescência para ir além suprir a falta. 
Il s’agit d’éliminer ici l’excroissance pour là-bas combler un manque.
Penetre-se destas sólidas filosofias.
Pénétrez-vous de ces solides philosophies.
Uma pobre costureira de Londres anseia por ver florir, na sua trapeira, um vaso cheio de terra negra: uma flor consolaria aquela deserdada; mas na disposição dos seres, infelizmente, nesse momento, a Substância que lá devia ser rosa é aqui na Baixa homem de Estado…
Une pauvre couturière londonienne aspire à voir fleurir un vase plein de terre noire dans sa chambre : une fleur réconforterait celle qui est déshéritée ; mais dans la disposition des êtres, malheureusement, à ce moment-là, la Substance qui aurait dû être rose se trouve ici dans la Baixa un homme d’Etat …
Vem então o fadista de navalha aberta, e fende o estadista; o enxurro leva lhe os intestinos; enterram-no, com tipóias atrás; a matéria começa a desorganizar-se, mistura-se à vasta evolução dos átomos – e o supérfluo homem de governo vai alegrar, sob a forma de amor-perfeito, a água-furtada da loura costureira.
Puis vient le brigand avec une lame de rasoir, et frappe cet homme d’État ; sortent les intestins ; ils l’enterrent, avec toute une escorte derrière-lui ; la matière commence à se décomposer, se mêle à la vaste évolution des atomes – et l’homme de gouvernement superflu acclamera, sous forme de pensée, le triste appartement de la blonde couturière.
O assassino é um filantropo!
Le tueur est un philanthrope !
Deixe-me resumir, Teodoro: a morte desse velho Mandarim idiota traz-lhe à algibeira alguns milhares de contos.
Permettez-moi de résumer, Theodoro : la mort de ce stupide vieux mandarin vous apporte quelques millions.
Pode desde esse momento dar pontapés nos poderes públicos: medite na intensidade deste gozo!
A partir de ce moment, vous pouvez renvoyer au diable les pouvoirs publics : méditez sur l’intensité de cette jouissance !
– É desde logo citado nos jornais: reveja-se nesse máximo da glória humana!
– Vous êtes alors immédiatement cité dans les journaux : vous serez à l’apogée de la gloire humaine ! 
E agora note: é só agarrar a campainha, e fazer ti-li-tim.
Et maintenant remarquez : saisissez simplement la cloche et faites du bruit avec.
Eu não sou um bárbaro: compreendo a repugnância de um gentleman em assassinar um contemporâneo: o espirrar do sangue suja vergonhosamente os punhos, e é repulsivo o agonizar de um corpo humano.
Je ne suis pas un barbare : je comprends le dégoût d’un gentleman pour le meurtre d’un contemporain : les éclaboussures de sang souillent honteusement ses poings, et l’agonie d’un corps humain est répugnante. 
Mas aqui, nenhum desses espectáculos torpes…
Mais ici, aucun de ces spectacles sordides… 
É como quem chama um criado…
C’est comme quelqu’un qui appelle un serviteur …
E são cento e cinco ou cento e seis mil contos; não me lembro, mas tenho-o nos meus apontamentos…
Et il y a cent cinq ou cent six millions ; Je ne m’en souviens pas, mais je l’ai dans mes notes …
O Teodoro não duvida de mim.
Théodoro ne doutez pas de moi.
Sou um cavalheiro: – provei-o, quando, fazendo a guerra a um tirano na primeira insurreição da justiça, me vi precipitado de alturas que nem Vossa Senhoria concebe…
Je suis un gentleman : – Je l’ai prouvé, quand, faisant la guerre à un tyran lors de la première insurrection de la justice, je me suis retrouvé précipité des hauteurs que même Votre Seigneurie ne peut concevoir …
Um trambolhão considerável, meu caro senhor! Grandes desgostos!
Une chute considérable, mon cher monsieur ! Et de sérieux problèmes !
O que me consola é que o outro está também muito abalado: porque, meu Amigo, quando um Jeová tem apenas contra si um Satanás, tira-se bem de dificuldades mandando carregar mais uma legião de arcanjos; mas quando o inimigo é um homem, armado de uma pena de pato e de um caderno de papel branco – está perdido…
Ce qui me console, c’est que l’autre est aussi très ébranlé : parce que, mon ami, lorsqu’un Jéhovah n’a qu’un seul Satan contre lui, il s’en sort bien en envoyant contre lui une légion d’archanges ; mais quand l’ennemi est un homme, armé d’une plume d’oie et d’un cahier en papier blanc – il est perdu …
Enfim são seis mil contos.
Bref, c’est cent six millions.
Vamos, Teodoro, ai tem a campainha, seja um homem.
Allez, Teodoro, voici la clochette, soyez un homme !

 

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Eça de Queirós

CONVICTION – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – BERZEUGUNG

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

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die Gedichte
Les Poèmes

 

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CONVICTION
BERZEUGUNG

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Eugène Delacroix, Le Christ sur le lac de Génésareth, Walters Art Museum, 1854
Le Miracle de la tempête apaisée

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Als wie der Tag die Menschen hell umscheinet,
Comme le jour qui brille sur les hommes,
Und mit dem Lichte, das den Höhn entspringet,
Avec sa lumière qui vient des hauteurs,
Die dämmernden Erscheinungen vereinet,
Embrasse les apparences du crépuscule,
Ist Wissen, welches tief der Geistigkeit gelinget.
Tel est le savoir qui pénètre au plus profond de l’esprit.


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UNDER THE TREE : Un arbre dans les entrailles du volcan – 2017 – Critique du film de Hafsteinn Gunnar Sigurðsson

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Affiche du film Under the Tree
Critique Cinéma

2017

UNDER THE TREE

 

Drame Islandais
de
Hafsteinn Gunnar Sigurðsson

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Un arbre dans les entrailles du volcan

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Acteurs
Steinbor Hroar Steinborsson, Edda Björgvinsdottir, Lára Jóhanna Jónsdóttir, Sigurður Sigurjónsson, Selma Björnsdóttir , Þorsteinn Bachmann.

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Une ombre plane sur Atli, jeune père islandais, joué par Steinbor Hroar Steinborsson. Son épouse, jouée par Lára Jóhanna Jónsdóttir, le surprend à regarder une sextape, des images de ses ébats avec une autre femme, son ex, Selma Björnsdóttir (Dans la vie, célèbre chanteuse islandaise connue sous le nom de Selma).
Une autre ombre plane. Une ombre dans sa famille, où il se réfugie après avoir été chassé par sa femme.
Une ambiance lourde y pèse à cause du suicide de son frère et de problèmes apparemment anodins de voisinage.
Voici cette ombre qui plane entre les parents d’Alti et leurs voisins, à cause justement de l’ombre causée par un arbre imposant.
Une banale image regardée va conduire à la séparation du couple et à l’hystérie d’Alti. Un banal feuillage va engendrer les pires atrocités et l’irréparable massacre final. Une banale disparition va engendrer d’autres disparitions…

Yggdrasil, l’Arbre du Monde.

Nous sommes dans la banlieue de Reykjavik, une banlieue terne et triste. Pendant que la voisine, sportive, essaie tranquillement de bronzer, ce qui est déjà difficile dans un pays qui connaît peu d’occasion de se prélasser au soleil. Mais la voici gênée par le bruit de la tondeuse du voisin et les ramures de l’arbre du voisin.
Et si les possibilités de bronzer sont rares, les arbres dans ce pays le sont tout autant. L’Islande est en effet le pays le moins boisé d’Europe, à cause notamment du déboisement vigoureusement intensif des Vikings.
Comme dans d’autres pays, ce qui est rare entraîne souvent des graves et violents conflits, il n’en faut pas plus à nos protagonistes pour faire éclater leurs haines et leurs violences.
La voisine lance son mari, Þorsteinn Bachmann, à l’assaut des voisins pour les obliger à élaguer l’arbre imposant et importun. Mais la tranquillité ne viendra pas du compromis et du dialogue.

Dans son interprétation du mal et de la folie, Edda Björgvinsdottir, la mère d’Alti est diabolique à souhait et nous ne savons jamais si elle est consciente de ses actions.
Son chat disparaît comme souvent le font les chats. Rien d’anormal à cela. Mais elle se met dans la tête que les voisins seuls sont les responsables et le train de la fatalité est alors lancé.
Le pauvre mari, joué par Sigurður Sigurjónsson, est balloté dans cette folie vengeresse, avec comme seule bouée, la chorale locale, où l’on évoque la glace et les ténèbres !
Il essaie de colmater ce qu’il peut mais comme une branche dans un rapide, il ne peut que se diriger vers son tragique destin.

Yggdrasil, Peinture attribuée à Oluf Bagge.

Ce film ressemble étrangement à un western, il s’agirait d’une sorte de western islandais où les armes deviendraient des tronçonneuses, des outils de jardinage, des langues incisives, des pneus crevés, des chiens empaillés… Le monde de Hafsteinn Gunnar Sigurðsson est carcéral. Petit à petit, les êtres se referment dans leur isolement et dans leur folie. Tout est si réglé, si ordonné à l’extérieur. Un véritable ennui plane sur chaque image. Comme si la folie n’était que cette possibilité de survivre à cet anéantissement de la vie. Ce sont des riens qui à chaque fois servent de prétextes à la violence et aux règlements de compte.

Dans la tradition Viking, nous avons l’Yggdrasil, l’arbre monde qui est l’axe qui relie le ciel, la terre et le monde souterrain. Il s’agit aussi d’un arbre de la connaissance.
L’arbre ici doit d’abord être seulement élagué, mais ensuite il sera tronçonné directement au tronc. Le ciel ne sera plus relié et les humains se retrouveront piégés dans le cercle de la vengeance et de la haine.
En coupant l’arbre, les trois racines de la tradition vont périr, dont la troisième qui provient directement du puits d’Urd, ce même puits qui est gardé par les trois Nornes, celles qui tissent la destinée.

Le destin s’annonce terrible et cruel. Nous rentrerons au cœur des éléments déchaînés, la mer, les volcans, et la vie des hommes à l’intérieur est de la même matière.

Tout est prêt pour l’explosion. L’au-delà n’est jamais loin…

« Heyrið brim á björgum svarra,
Entendez les vagues sur les falaises noires,
bylja þjóta svipi snarra :
les vents souffler de l’au-delà…é
(Lands-lag Grímur THOMSEN-CHANT DU PAYS – Trad. J. Lavauzelle)

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LES TRADUCTIONS
ISLANDAIS
SUR ARGITATO


L’ÉTÉ – POEME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – DER SOMMER – Das Erntefeld erscheint

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

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die Gedichte
Les Poèmes

 

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L’ÉTÉ
DER SOMMER
Das Erntefeld erscheint…

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Claude Monet, Les peupliers, sous le soleil

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Das Erntefeld erscheint, auf Höhen schimmert
Le champ des récoltes apparaît, scintille des hauteurs
Der hellen Wolke Pracht, indes am weiten Himmel
Dans la splendeur des nuages lumineux, plus tard dans le grand ciel,
In stiller Nacht die Zahl der Sterne flimmert,
Dans la nuit calme, le nombre d’étoiles scintille,
Gross ist und weit von Wolken das Gewimmel.
Les larges nuages à l’infini s’étendent.

*

Die Pfade gehn entfernter hin, der Menschen Leben,
Les chemins s’éloignent, la vie des hommes
Es zeiget sich auf Meeren unverborgen,
Se montre sans voile sur les mers,
Der Sonne Tag ist zu der Menschen Streben
Le jour du soleil s’ouvre à la quête des hommes
Ein hohes Bild, und golden glänzt der Morgen.
Sous cette image céleste et dorée où brille le matin.

*

Mit neuen Farben ist geschmückt der Gärten Breite,
Les jardins se parent de nouvelles couleurs,
Der Mensch verwundert sich, dass sein Bemühn gelinget,
L’homme s’étonne que ses efforts soient couronnés de succès,
Was er mit Tugend schafft, und was er hoch voll- bringet,
Ce qu’il crée avec vertu et ce qu’il accomplit avec grandeur,
Es steht mit der Vergangenheit in prächtigem Geleite.
Avancent en une grandiose escorte en harmonie avec le passé.

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VUE – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – AUSSICHT

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes

 

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VUE
AUSSICHT

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Paysage romantique de Carl Friedrich Lessing, première moitié du XIXe siècle.

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Wenn Menschen fröhlich sind, ist dieses vom Gemüte,
Quand les gens sont heureux, cela provient de l’esprit,
Und aus dem Wohlergehn, doch aus dem Felde kommet,
Et du bien-être, pourtant dans les champs,
Zu schaun der Bäume Wuchs, die angenehme Blüte,
Nous pouvons voir les arbres croître, l’agréable floraison,
Da Frucht der Ernte noch den Menschen wächst und frommet.
Et le fruit des récoltes profite encore aux hommes.

*

Gebirg umgibt das Feld, vom Himmel hoch entstehet
Des montagnes entourent le champ, et descendent du ciel
Die Dämmerung und Luft, der Ebnen sanfte Wege
L’aube et l’air, les doux chemins pavés
Sind in den Feldern fern, und über Wasser gehet
Serpentent au loin dans les champs et conduisent au-delà des eaux
Der Mensch zu Örtern dort die kühn erhöhten Stege.
Les marcheurs jusqu’aux villages aux ponts hardiment levés.

*

Erinnerung ist auch dem Menschen in den Worten,
La mémoire de l’homme se trouve aussi dans les mots
Und der Zusammenhang der Menschen gilt die Tage
  Et l’harmonie des hommes s’applique aux jours
Des Lebens durch zum Guten in den Orten,
  De la vie pour leur bien dans ces lieux
  Doch zu sich selber macht der Mensch des Wissens Frage.
Mais l’homme s’il veut savoir se pose des questions sur lui-même.

*

Die Aussicht scheint Ermunterung, der Mensch erfreuet
Comme la vue semble un réconfort, pour les hommes satisfaits
 Am Nutzen sich, mit Tagen dann erneuet
Des bienfaits, puis les autres jours renouvellent
Sich sein Geschäft, und um das Gute waltet
  Son entreprise et à côté de ses biens
Die Vorsicht gut, zu Dank, der nicht veraltet.
  La prudence veille, remercie, ce qui n’a rien de dépassé.

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LE PRINTEMPS – POÈME de FRIEDRICH HÖLDERLIN – Der Frühling – Es kommt der neue Tag…

*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes

 

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LE PRINTEMPS
Der Frühling
Es kommt der neue Tag…

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Es kommt der neue Tag aus fernen Höhn herunter,
Le nouveau jour descend des hauteurs lointaines,
Der Morgen, der erwacht ist aus den Dämmerungen,
Le matin qui s’est réveillé du crépuscule
Er lacht die Menschheit an, geschmückt und munter,
Sourit à l’humanité, orné et mutin,
Von Freuden ist die Menschheit sanft durchdrungen.
Répandant sa joie sur les hommes.

*

Ein neues Leben will der Zukunft sich enthüllen,
Une nouvelle vie veut se révéler à l’avenir,
Mit Blüten scheint, dem Zeichen froher Tage,
Avec des fleurs étincelantes, signe de jours heureux,
Das große Tal, die Erde sich zu füllen,
La grande vallée veut conquérir la terre
Entfernt dagegen ist zur Frühlingszeit die Klage.
En revanche, la plainte s’est éloignée du printemps.


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BEAUTÉ & HONNÊTETÉ : LES DEUX ENNEMIES – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE SONNET 297 (2ème Partie) CANZONIERE – CCXCVII – Bellezza et Honestà

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*

FRANCESCO PETRARQUE CHANSONNIER

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

Canzoniere Petrarca 
Sonetto 297

LE CHANSONNIER PETRARQUE
Sonnet 297
CCXCVII
Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

 

SECONDA PARTE
Deuxième Partie

297/366

 

*




Due gran nemiche inseme erano agiunte,
Deux grandes ennemies ensemble se sont associées,
Bellezza et Honestà, con pace tanta
Beauté et honnêteté, avec tant de paix
che mai rebellïon l’anima santa
que pas une seule rébellion cette âme sainte*
non sentí poi ch’a star seco fur giunte;
ne ressentit tant qu’elles étaient avec elle ;

[*Laure]

*

et or per Morte son sparse et disgiunte:
et maintenant par la mort, elles sont dispersées et disjointes :
l’una è nel ciel, che se ne gloria et vanta;
L’une est au ciel, qui s’en glorifie et s’en vante ;
l’altra sotterra, che ‘ begli occhi amanta,
L’autre est sous terre, qui pare les beaux yeux,
onde uscîr già tant’amorose punte.
d’où tant de flèches amoureuses naquirent.

*

L’atto soave, e ‘l parlar saggio humile
Les douces actions, l’humble discours sage
che movea d’alto loco, e ‘l dolce sguardo
qui arrivait d’un haut lieu, et le doux regard
che piagava il mio core (anchor l’acenna),
qui tourmentait mon cœur (et même encore),

*

sono spariti; et s’al seguir son tardo,
sont partis ; et si je la suis difficilement,
forse averrà che ‘l bel nome gentile
peut-être que ce joli nom gentil
consecrerò con questa stanca penna.
Sera consacré par cette plume lasse.

*************

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 297
le chansonnier Pétrarque Sonnet 297
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE CHANSONNIER

*