ALEXANDRE POUCHKINE (1830) – MON NOM – Что в имени тебе моём?

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Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE 1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1830
MON NOM

  1830
Что в имени тебе моём?

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Что в имени тебе моём?
Qu’est-ce que mon nom pour toi ?
Оно умрёт, как шум печальный
Ce nom va mourir, comme le triste bruit
Волны, плеснувшей в берег дальный,
Des vagues, le temps que dure la vague, et qui déjà s’enfuit,
Как звук ночной в лесу глухом.
Comme dans la nuit, l’écho perdu d’un bruit dans un bois.

Оно на памятном листке
Il trace sur une page ce signe illisible
  Оставит мёртвый след, подобный
Laisse sa trace morte, semblable
  Узору надписи надгробной
Aux inscriptions funèbres
  На непонятном языке.
Ecrites dans une langage austère.

 

Что в нём? Забытое давно
Qui est-il ? Il sera oublié depuis longtemps
  В волненьях новых и мятежных,
Dans l’excitation du temps,
Твоей душе не даст оно
Sur ton âme, il n’aura gravé
  Воспоминаний чистых, нежных.
Ni souvenirs purs ni instants sucrés.

Но в день печали, в тишине,
Mais , en silence, un jour d’émoi
Произнеси его тоскуя;
Tu diras d’une voix forte
Скажи: есть память обо мне,
Tu diras, quelqu’un pense à moi,
Есть в мире сердце, где живу я…
Il reste dans le monde un cœur où je vis encore…

5 января 1830
5 janvier 1830

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ALEXANDRE POUCHKINE
1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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