ALEXANDRE POUCHKINE (1830) AU POETE – Поэту

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Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE 1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1830
AU POETE

  1830
Поэту
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Поэт! не дорожи любовию народной.
Poète ! Détache-toi de l’amour d’autrui
Восторженных похвал пройдет минутный шум;
Les louanges ne sont qu’un bruit que la minute efface
Услышишь суд глупца и смех толпы холодной,
Tu entendras la moquerie et tu sentiras la foule glaciale
Но ты останься тверд, спокоен и угрюм.
Mais tu resteras fort, calme et pensif.

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Ты царь: живи один. Дорогою свободной
Tu es roi. Ta voie est libre,
Иди, куда влечет тебя свободный ум,
Va où le désir libère ton esprit,
Усовершенствуя плоды любимых дум,
Goûte aux fruits qui poussent sur le malheur,
Не требуя наград за подвиг благородный.
Sans exiger jamais nulle récompense.

 

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Они в самом тебе. Ты сам свой высший суд;
Tu es toi-même ta seule cour suprême ;
Всех строже оценить умеешь ты свой труд.
Evalue justement le fruit de ton travail.
Ты им доволен ли, взыскательный художник?
As-tu la satisfaction exigeante de l’artiste ?

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Доволен? Так пускай толпа его бранит
Satisfait ? Laisse la cohue te balloter
И плюет на алтарь, где твой огонь горит,
Laisse cracher sur l’autel où le feu brûle,
И в детской резвости колеблет твой треножник.
Et, dans leur espiègleries d’enfant, laisse-les secouer ton trépied.

 июля 1830
Juillet 1830

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Поэту
AU POETE
ALEXANDRE POUCHKINE
1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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