A MES AMIS -POUCHKINE POEME de 1828 – Друзьям

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

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1828
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE  1828
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Друзьям 
1828

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A MES AMIS
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 Le tsar de Russie Nicolas Ier à Peterhof
Николай Павлович Романов
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Нет, я не льстец, когда царю
Non, je ne suis pas du tsar un adulateur
Хвалу свободную слагаю:
Quand je le loue librement,
Я смело чувства выражаю,
Libre d’exprimer mes sentiments,
Языком сердца говорю.
Je parle avec la langue du cœur.

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Его я просто полюбил:
J’ai tout simplement aimé
Он бодро, честно правит нами;
Qu’il gouverne avec fidélité et énergie,
Россию вдруг он оживил
Galvanisant soudain la Russie
Войной, надеждами, трудами.
Par la guerre, l’espoir et l’activité.

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О нет, хоть юность в нем кипит,
Ô non, même si la jeunesse est là, son esprit
Но не жесток в нем дух державный:
De cruauté, n’est pas épris ;
Тому, кого карает явно,
D’ailleurs il réprime publiquement
Он втайне милости творит.
Mais gracie secrètement.

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Текла в изгнаньe жизнь моя,
Dans mon exil, ma vie s’écoulait,
Влачил я с милыми разлуку,
De vous, j’étais alors séparé,
Но он мне царственную руку
Mais, j’ai reçu la main souveraine
Простер — и с вами снова я.
Que je me retrouve avec ceux que j’aime.

*

Во мне почтил он вдохновенье,
Mon inspiration est aussi respectée
Освободил он мысль мою,
Et libérées se retrouvent mes pensées
И я ль, в сердечном умиленье,
Et que mon émotion, on voudrait
Ему хвалы не воспою?
Qu’à cette heure, je ne puisse la louer ?

*

 

Я льстец! Нет, братья, льстец лукав:
Moi courtisan ! Non, mes frères, un courtisan
Он горе на царя накличет,
Ebranle la montagne en fourbe avec passion,
Он из его державных прав
Abuse et intrigue auprès des puissants
Одну лишь милость ограничит.
Sans limite ni compassion.

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Он скажет: презирай народ,
Il pense que le peuple doit être méprisé,
Глуши природы голос нежный,
La nature sauvage s’exprime par sa pensée.
Он скажет: просвещенья плод —
Il pense que de l’éducation
Разврат и некий дух мятежный!
Viennent la débauche et la rébellion.

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Беда стране, где раб и льстец
Pour un pays quand l’esclave ou l’adulateur
Одни приближены к престолу,
Seuls sont proches du trône, là est le malheur.
А небом избранный певец
Mais qu’au contraire l’élu des cieux
Молчит, потупя очи долу.
Garde les yeux baissés silencieux .

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POUCHKINE
 1828  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

A MES AMIS
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1828
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